Première bande-annonce du redouté Solo : A Star Wars Story

A quatre mois de sa sortie mondiale, le très redouté Solo : A Star Wars Story se dévoile enfin via le biais d’une bande-annonce qui entend réaliser l’impossible : donner de l’intérêt sur un film qui compte dépeindre le célèbre personnage par un autre homme qu’Harrison Ford. Ambiance. 

On le savait pourtant : dans sa volonté d’expansion de la franchise Star Wars, l’empire Disney a aussi misé sur des histoires dérivées ou spin-off. Si le premier, Rogue One, s’intéressait à la période située entre La Revanche des Siths et Un Nouvel Espoir et le vol des plans de l’Étoile Noire par les rebelles, le deuxième sobrement intitulé Solo : A Star Wars Story se focalisera quant à lui sur l’un des personnages les plus emblématiques de la saga : Han Solo. Un personnage à tel point mythique pour les fans – l’aura de Harrison Ford étant encore très présente – que la naissance même du projet aura causé moult remous, quitte à perturber la dynamique pourtant bien rodée de Disney qui aura attendu le dernier moment (4 mois avant la sortie) pour dégainer les premières images.

Une idée quelque peu hasardeuse, à l’heure où les super-productions vantent leur existence à coup de making-off et autres teasers à peu près toutes les semaines, qui aura derechef pas mal inquiété les fans, la faute à un changement de réalisateurs en cours de route et, selon les rumeurs, un film entièrement retourné. Cependant, il ne sera pas question ici de causer des nombreux couacs rencontrés par la production mais bien de juger le film à l’aune de ces quelques images où l’on apprend quelque chose et où on a droit à plusieurs constats. Le premier, c’est qu’Alden Ehrenreich a, pour parler poliment, la gueule de l’emploi et qu’il s’évertue tant bien que mal dans ce montage frénétique à montrer la jeunesse de Han Solo, laquelle l’a vu officier pour le compte de l’Empire au sein duquel il se développera des aptitudes au pilotage ainsi qu’un gout avéré pour l’insubordination. On pourra évoquer également la classe qui se dégage de ces images tout en déplorant l’audace de celles-ci, loin de la furie pétaradante qu’on était en droit d’attendre de la paire Phil Lord/Chris Miller initialement aux manettes.

Dans tous les cas, la saga Star Wars a toujours clivé, et continuera de le faire avec cet opus manifestement déjà très décrié. Une seule chose à faire désormais : attendre la sortie calée au 23 Mai et espérer que ce bref avant-gout saura se montrer aussi efficace que ne le sont les productions estampillées Ron Howard, assis pour l’occasion derrière la caméra. 

Bande-annonce Solo : A Star Wars Story

Festival

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Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
J'ai une profonde admiration pour les sushis, James Bond, Leonardo DiCaprio, Apocalypse Now, Zodiac, les bons films et le ski. Pas forcément dans cet ordre. Et à ceux pouvant critiquer un certain amateurisme, je leur répondrais simplement que l'Arche de Noé a été fabriqué par des amateurs et le Titanic par des professionnels.

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