World War Z est un blockbuster calibré pour le grand public, un film de zombies édulcoré au montage épileptique qui ne manque pas de rythme mais d’audace et d’hémoglobine. En un mot du Cinéma fast-food.
Synopsis : Gerry Lane, un ancien enquêteur réputé de l’ONU s’est rangé de son passé tumultueux et passe des jours tranquilles avec sa famille. Un matin, bloqué par les embouteillages, il assiste impuissant, à un carnage dévastateur : le monde est envahi par un virus fulgurant d’origine animale, qui a subi une mutation, et qui transforme les hommes en morts-vivants par le biais de morsures. Gerry en réchappe de peu avec sa famille. Les forces de l’ordre viennent le chercher en hélicoptère, le contraignent à reprendre du service et à enquêter sur les origines de la pandémie à travers le monde. Pour protéger sa famille, Gerry n’a d’autre choix que d’accepter cette mission hautement périlleuse…
Invasion de Zombies rapides, guerre sans hémoglobine
World War Z est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Max Brooks, dont les droits ont été achetés en 2006. Le fils du grand Mel Brooks est reconnu en tant que spécialiste de la « culture zombie » grâce notamment à son célèbre « Guide de survie en territoire zombie » (2003). Dans son roman « World War Z » (2006), il adopte un point de vue réaliste dans les faits, et psychologique. L’agent des Nations-Unies qu’il incarne, intervient après l’invasion pour recueillir les témoignages et raconte comment les zombies ont envahi petit à petit la planète, visant ainsi une description universelle, une collection de points de vue individuels, sous la forme d’interviews entre l’auteur et les personnages. Cette réalisation a connu de sérieux problèmes d’écriture. Le tournage qui devait commencer en 2009, s’est vu retarder par un script non achevé et le projet a vu bon nombre de scénaristes défiler. Le final a dû être réécrit quasiment à la dernière minute avant d’être remis à Marc Forster. Ce touche-à-tout suisse, lancé par le très beau et dramatique A l’ombre de la haine (2001), également réalisateur de Quantum Of Solace (2008), du thriller Stay, (2005), du mélodrame Neverland (2004) ou de l’intriguant Les Cerfs-volants de Kaboul (2007), n’a pourtant jamais eu l’occasion de vraiment s’illustrer dans des blockbusters aux budgets conséquents. World War Z est donc son coup d’essai dans le genre catastrophe-infection à l’échelle planétaire. Des rumeurs de difficultés de budget et de mésentente entre Brad Pitt et le réalisateur, ont également circulé. Il faut « laisser du temps au temps » disait Lamartine. Est-ce que le temps a profité à ce projet, à la gestation si difficile ?

L’intrigue quant à elle, se situe à mi-chemin entre Contagion (2011) pour l’aspect scientifique et 28 jours plus tard (2002) pour le rythme et les zombies survitaminés. Elle plonge immédiatement le spectateur dans l’action, en offrant une vision apocalyptique d’une rapide propagation du virus à l’échelle planétaire. L’ensemble tient la route et contient des petits bijoux de grand spectacle, comme le début de l’épidémie et les mouvements de foule à Philadelphie, l’échelle de zombie sur le mur de Jérusalem, ou le crash aérien. Les effets spéciaux sont réussis. Les prises de vues aériennes sont superbement filmées, ce qui n’est pas toujours le cas des courses-poursuites filmées caméra à l’épaule pour un plus grand réalisme, mais qui aboutissent à une mise en scène saccadée et décousue.


Avec un budget titanesque de 190 millions de dollars, World War Z ne parvient pas à révolutionner le genre du film zombie. Il n’atteint jamais la critique sociale, l’esprit contestataire du maitre du genre Georges A. Romero dans La nuit des morts vivants, ni la virtuosité d’un Zack Snyder dans L’Armée des Morts, et encore moins la beauté lyrique d’un Danny Boyle dans 28 jours plus tard. C’est une œuvre inégale, inachevée, et manquant d’ambition et de suspense. A défaut d’avoir une véritable personnalité, ce film demeure un divertissement acceptable, qui possède une énergie réelle, mais qui manque d’esprit. Une suite est déjà en préparation, et réservera espérons le, son lot de surprises.
World War Z : Bande-annonce
World War Z : Fiche technique
Réalisation : Marc Forster
Scénario : Matthew Michael Carnahan, Drew Goddard, Damon Lindelof d’après l’oeuvre de Max Brooks
Interprétation : Brad Pitt (Gerry Lane), Mireille Enos (Karen Lane), Elyes Gabel (Dr. Andrew Fassbach), James Badge Dale (Captain Speke), David Morse (Ex-CIA Agent), Matthew Fox (Parachutiste)…
Photographie : Ben Seresin
Montage : Roger Barton, Matt Chesse
Musique : Marco Beltrami
Décors : Nigel Phelps
Production : Brad Pitt, David Ellison, Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Ian Bryce
Distribution : Paramount Pictures France
Genre : Action, horreur
Durée : 116 minutes
Date de sortie française : 3 juillet 2013
Etats-Unis – 2013