Après un passage remarqué au festival Séries Mania en avril dernier, The Art Of Television sera diffusé jeudi soir sur OCS. Lors d’un déjeuner presse, nous avons pu rencontrer l’équipe de ce documentaire qui met en lumière une profession dont on parle peu, le réalisateur de série.
Le documentaire est lui même dans un format série avec une première saison de six épisodes d’une vingtaine de minutes. Et qui dit série dit identité visuelle, il était important pour l’équipe de trouver une signature, une “carte de visite” nous disait Charlotte Blum. C’est donc un grand tableau transparent qui sert de repère visuel à la série. Plus que ça, le tableau, orné de photographies retraçant la carrière du réalisateur interviewé, est une invitation à la confidence. Alan Taylor est d’ailleurs resté de longues minutes à la regarder, ému, avant de commencer à se confier. Ce tableau est alors un moyen de briser la glace, d’instaurer une confiance avec ces réalisateurs, si surpris de l’attention qu’on leur porte. Charlotte Blum nous confie que Rosemary Rodriguez, tellement enthousiasmée par le projet, lui demande des nouvelles du documentaire toutes les semaines.
Des rencontres humaines et passionnées qui émeuvent et marquent le public, l’équipe du documentaire mais aussi les réalisateurs eux-mêmes, voici ce que propose The Art Of Television. Pourtant, tout ne s’est pas fait facilement, il aura fallu neuf mois de démarchage avant de commencer le tournage. Bien que peu connus du grand public pour la plupart, les réalisateurs sont souvent aussi injoignables que les acteurs des séries pour lesquelles ils travaillent et tout aussi overbookés. L’équipe a donc du se passer de Mimi Leder dont le tournage de The Leftovers a été déplacé au Texas (le petit budget du documentaire ne permettant pas à l’équipe de la suivre), ou encore de Leslie Glatter (Twin Peaks) qui a malheureusement annulé car elle avait reçu un pilote (chose rare, d’autant plus pour une femme, une occasion qu’elle ne pouvait décidément pas rater). Mais ne souhaitant pas combler avec n’importe qui et tenant absolument à obtenir des réalisateurs dont ils admirent le travail, Charlotte Blum et Vincent Gonon (les réalisateurs du documentaire) ont du renoncer à l’équité et ainsi faire quatre portraits d’hommes et deux de femmes. Pour autant, et notamment grâce à l’épisode de Jennifer Getzinger, réalisatrice très engagée ayant notamment travaillé sur Mad Men, la question de la femme réalisatrice, ce métier bagage et la pression qu’il impose est très bien traitée dans ce documentaire où l’on comprend la position difficile de ces femmes dans un milieu très masculin.
Une deuxième saison est d’ores et déjà en discussion, et avec le succès de ces premiers épisodes, nous pouvons espérer voir d’autres grands réalisateurs accepter l’invitation et écrire à leur tour sur le tableau transparent.
The Art Of Television : Les réalisateurs de séries, Fiche Technique :
Auteur : Charlotte Blum
Réalisateurs : Charlotte Blum, Vincent Gonon
Producteur : Empreinte Digitale
Diffuseur France : OCS
The Art Of Television sera diffusé dès le 6 juillet à 20h40 sur OCS City.
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Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
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