Texas Chainsaw 3D, de John Luessenhop

Texas Chainsaw 3D : Teen-movie horrifique, comédie macabre et juvénile

Après le reboot plutôt efficace signé Fede Alvarez de la saga Evil Dead, c’est au tour de la célèbre franchise Massacre à la tronçonneuse[i] de faire son retour au cinéma avec Texas Chainsaw 3D ! Mais il ne s’agit pas d’un énième remake ou reboot de la franchise, mais bien de la suite directe de l’original de 1974 réalisé par Tobe Hooper. Le générique d’introduction plutôt plaisant, s’illustre ainsi par une rétrospective du film de 1974, suscitant la nostalgie mais également l’espoir que cette séquel se montre à la hauteur, 39 ans après. Le réalisateur John Luessenhop (Takers, 2010) multiplie d’ailleurs les références au premier volet comme la venue d’un auto-stoppeur qui s’avèrera être un escroc, les crocs de boucher où Leatherface dispose ses victimes ou encore la fille qui se réveille une fois que le congélo est ouvert. Quelques clins d’œil plutôt sympas de premier abord !

Malheureusement, Luessenhop ne parvient jamais à instaurer une ambiance aussi glauque, malsaine et poisseuse que l’original, ni atteindre son réalisme saisissant, et ce malgré les litres d’hémoglobine déversés, et quelques scènes d’exécution brutalement sanglantes. Texas Chainsaw 3D n’est pas exempt de défauts, à commencer par un script convenu et prévisible, ainsi qu’une une galerie de personnages stéréotypés. Trey Songz, le black musclé, Tania Raymonde, la blonde dévergondée aux tenues légères ; le personnage de l’auto-stoppeur, incarné par Shaun Sipos, sorti tout droit d’une pub Hugo Boss ne sert strictement à rien malgré ses intentions douteuses, sauf à se faire exécuter le premier! D’ailleurs, toutes les exécutions sont beaucoup trop rapides : on n’a nullement le temps de se familiariser avec les personnages.

Keram Malicki-Sanchez est très effacé et n’attire donc pas l’attention. Scott Eastwood, fils de Clint, semble à l’aise pour l’un de ses tout premier grand rôle. Dan Yeager se voit octroyer le rôle de Leatherface, rôle qu’il a réussit à bien restituer dans la tradition d’avant le remake, c’est-à-dire un personnage plus humain, moins monstrueux et largement moins imposant. D’autres trouveront cependant qu’il n’a pas le charisme d’Andrew Bryniarski (le Leatherface des années 2000 d’1m96) ni même sa férocité effroyable. Alexandra Daddario (saga Percy Jackson), nouvelle héroïne brune, ayant la tête sur les épaules tout en étant rebelle, a beau déployer ses attributs mammaires, rien n’y fait ! Texas Chainsaw 3D est bourré d’aberrations scénaristiques et d’incohérences chronologiques, comme la scène du policier qui filme son intervention avec son i phone, ou l’âge de l’héroïne qui ne peut coïncider avec les évènements. A tout cela, se rajoute une 3D accessoire et un twist final ridicule.

Malgré son introduction prometteuse, Texas Chainsaw 3D n’est qu’une une comédie macabre et juvénile, un nouveau teen-movie horrifique au scénario faiblard, au déroulement sans panache, qui fait honte à la franchise culte. Aucun suspense, ni peur, ni angoisse ! Ce film est loin d’égaler l’ambiance pesante et malsaine de l’excellent remake de 2003 de Marcus Nispel, Massacre à la tronçonneuse, ni même la version honorable de Jonathan Liebesman, Massacre à la tronçonneuse : le commencement. A éviter !

Synopsis : Après le massacre de ses quatre amis, Sally était parvenue à échapper à l’épouvantable famille Sawyer. Les habitants de la petite ville de Newt, au Texas, avaient décidé de faire justice eux-mêmes, brûlant la maison de cette famille maudite et tuant tous ses membres, hormis un enfant, qui survit. Bien des années plus tard, à des centaines de kilomètres de là, une jeune femme, Heather (Alexandra Daddario), reçoit une lettre de sa grand-mère, dont elle ignorait l’existence jusqu’ici, lui léguant tous ses biens, dont un somptueux manoir victorien. Accompagnée de ses trois meilleurs amis et d’un auto-stoppeur, elle part découvrir la magnifique propriété isolée. Heather ignore que son cousin Leatherface y vit caché et va vite comprendre que du fond des caves, l’horreur n’attend qu’une occasion pour surgir… Interdit aux moins de 16 ans


[i] En 1974, Tobe Hooper réalise l’excellent Massacre à la tronçonneuse. Douze ans plus tard, il réalise Massacre à la tronçonneuse 2, une parodie plutôt sympathique du premier opus. S’en suivront deux films beaucoup moins réussis : Massacre à la tronçonneuse 3 : Leatherface de Jeff Burr en 1990, et Massacre à la tronçonneuse : La nouvelle génération de Kim Henkel ou plus simplement les épisodes 3 et 4, en 1990 et 1994. En 2004, Marcus Nispel réalise Massacre à la tronçonneuse, un remake honnête du film original suivi, en 2006, d’un prequel de Jonathan Liebesman de ce remake Massacre à la tronçonneuse : le commencement. Enfin, Texas Chainsaw 3D, la version 2013, est quand à elle une suite directe de l’original de 1974.

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