Patti Cake$, Wind River, Bonne Pomme… : Les films à voir ou pas

Seven Sisters, Petit Paysan, Le Prix du Succès, Villeperdue, 7 Jours pas plus, Histoires de la plaine, Lou et l’île aux sirènes, Gabriel et la montagneChaque semaine, une dizaine de nouveaux titres se partagent l’affiche. Que faut-il voir au cinéma ?

Wind River, de Taylor Sheridan. Polar américain, avec Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, Kesley Asbille (1h50).

L’une des bonnes surprises de la semaine c’est Wind River de Taylor Sheridan. Le scénariste du tétanisant Sicario se mue derrière la caméra pour un nouveau thriller glacial, dans les étendues enneigées du Wyoming. Fort d’un duo hollywoodien (Jeremy Renner et Elizabeth Olsen) à la hauteur du projet, ce long métrage démarre timidement avant de retrouver la brutalité qui caractérise son auteur. Wind River reste captivant dans son ensemble et remplit son contrat sans transcender son genre mais avec une force admirable. Peut-être le film américain de cette fin d’été.

https://www.youtube.com/watch?v=Ahudr9Kc6j4

Le Prix du Succès, de Teddy Lussi-Modeste. Comédie dramatique française, avec Tahar Rahim, Roschdy Zem, Maïwenn (1h32).

Histoire de fratrie, de succès et véritable pamphlet contre un monde qui va toujours trop vite, Le Prix du Succès narre l’histoire de Brahim, de sa réussite et de sa chute auprès d’un frère ultra-protecteur et violent. Un film tendu (dès son impressionnante première scène) porté par des interprètes très bien dirigés et à l’aise dans leurs rôles de félins qui s’observent et s’attaquent dont Tahar Rahim et Roschdy Zem.

Patti Cake$, de Geremy Jasper. Comédie dramatique américaine, avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Mamoudou Athie (1h48)

Patti Cake$ souffre d’un aspect ‘white trash’ quelque peu outrancier et poussif : misère noire, cas sociaux, vie de galère. Le trait est un peu gros, et le scénario suit un développement assez classique, avec des passages obligés et des étapes attendues, qui ne sortent pas des sentiers battus. Rien de révolutionnaire, donc. En revanche, sur le fond, le message est pertinent, la misère affective, les difficultés financières, le système de santé qui pousse les gens à s’endetter, la souffrance d’être différent… Les problématiques étaient efficacement posées. Le style musical « rap de la zone » et le mélange des genres est agréable et innovant, sans oublier l’héroïne charismatique et attachante dont le combat pour exister est émouvant, elle pousse un coup de gueule qui vient des tripes, elle chante ses rêves, ses désillusions, sa haine, sa frustration et ses envies. C’est authentique. Au final, le résultat n’est certes pas parfait, loin de là, mais Patti Cake$ reste un bon film de hip-hop qui nous prend par les sentiments.

Bonne Pomme, de Florence Quentin. Comédie française avec Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Chantal Ladesou (1h41)

Contre toute attente, Bonne Pomme fait plutôt rire. Soyons clairs, le scénario bancal s’apparente plus à un prétexte et l’histoire est purement anecdotique. Mieux vaut ne pas s’attacher aux enjeux, car ils sont assez factices. Mais, si on choisit d’appréhender le film comme une petite comédie estivale légère qui joue sur le comique de situation et les personnages, cela fonctionne plutôt bien, les répliques sont marrantes et Deneuve livre une performance vraiment drôle. Bonne Pomme passe gentiment le temps et fleure bon la France des petits villages (un poil caricaturé mais sympathique). Ça s’oublie aussitôt mais, pourquoi pas, pour quelques heures d’été supplémentaires…

Seven Sisters, de Tommy Wirkola. Thriller d’anticipation avec Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe​ (02h04)

Après un diptyque Dead Snow sanglant et jouissif, Tommy Wirkola s’essaie à un cinéma de SF, plus proche de la série B efficace que du film métaphysique. Et quelle surprise que cet original objet produit par Netflix qui donne la possibilité à Noomi Rapace (Millenium, Prometheus) de se multiplier par sept. L’occasion de livrer différentes interprétations et de crever l’écran dans un scénario audacieux qui n’hésite pas à aller à contre-courant de nos attentes. Divertissant mais inégal, on omettra de mentionner les incohérences narratives pour rester focalisé sur le rythme tendu et efficace de ce thriller qui tourne à plein régime. Willem Dafoe et Glenn Close sont discrets mais ils apportent le charme nécessaire à un long métrage qui offre ce qu’on attend de lui : une bonne dose de divertissement teintée d’une réflexion ouverte sur la surpopulation mondiale.

Petit Paysan, de Hubert Charuel. Drame du terroir avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Bouli Lanners (1h30)

Révélation du Festival du film francophone d’Angoulême, le premier long-métrage d’Hubert Charuel, Petit paysan, raconte les difficultés du métier de paysan à travers l’historie de Pierre, un éleveur de vaches laitières incarné par Swann Arlaud (déjà vu dans Une Vie, Baden Baden ou Les Anarchistes) confronté à une épidémie touchant son exploitation. Un polar social du terroir ancré dans l’actualité (épidémies de vache folle, fièvre aphteuse…) flirtant avec les frontières du fantastique. Une fiction agricole poignante, à la mise en scène réaliste rendant hommage aux héros de la terre.

 

Festival

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Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

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