Series Mania 2016 : « Work in Progress » Marseille

Festival Séries Mania 7ème édition : rencontre avec le vice-président de Netflix et du showrunner de la série Marseille

En cette sixième journée de festival, Netflix France a décidé de nous rencontrer pour présenter leur dernière création made in chez-nous, Marseille. Vendu comme un House of Cards à la française, le show en 8 épisodes ressemble étrangement plus à Baron Noir. En exclusivité, nous avons pu assister au premier trailer de 5 minutes. Alors certains mouvements de caméra sont vertigineux, « emprunté du cinéma » comme se l’amuserait à répéter Florent-Emilio Siri (Nid de guêpe, Cloclo), le showrunner et réalisateur des 4 premiers épisodes, mais l’intrigue calibré TF1 (No Limit, The Player, Blindspot) ne suffit pas à se démarquer d’autres thrillers politiques de même ou meilleure facture. D’autant plus qu’aucun des personnages ne semble parler avec le moindre accent. « Ça viendra! » nous répond Florent-Emilio comme pour aiguiser une certaine attente spectatorielle quasi absente dans la salle. Joris Evers, le vice-président de Netflix nous avoue avoir collaboré avec TF1 pour que la chaîne publique diffuse les 2 premiers épisodes. Si cette absurdité à dessein commercial souligne l’ampleur grossière de ce qui s’apparente à une énorme arnaque qui a du mal à se vendre, et que le mot thriller politique revient souvent, y compris dans la bouche du producteur Pascal Breton (Le Bureau des légendes), il n’y a qu’à voir les premières images pour se rendre compte d’une volonté vaine de faire d’une grande ville portuaire (avec son lot d’excès, ne nous leurrons pas, la côté d’azur, ce n’est pas que sable fin et mer à perte de vue, mais pouvoir, magouilles, trafics…) un épicentre d’une tragédie pseudo contemporaine sur les mêmes principes de trahison, d’appât du gain et respect de soi… Un « work in progress » ne consiste-t-il pas à nous faire partager les conditions concrètes du tournage en cours, anecdotes amusantes et chiffres à la clé? L’événement Series Mania n’est rien d’autre qu’une banale opération de marketing dont personne ne ressortira dupe. Résumons brièvement le pitch. Le maire de Marseille joué par un Gérard Depardieu, plus empoté qu’imposant, devra se battre comme un jeune loup qu’il a formé aux prochaines élections municipales. Sexe, drogue, sang. On est pas sur W9? The American Dream dans une bouteille d’Evian ou comment faire d’une histoire de vengeance, un déchaînement américanisé des passions. L’écho Luc Besson…

Renan Cros, l’animateur de ce Work in Progress ne semble lui-même pas convaincu par les questions qu’il pose et les invités à l’égo surdimensionné cumulent démagogie et hypocrisie. « Marseille qu’elle est bien cette série ! », « Je n’ai fait qu’insérer le cinéma dans le petit écran ! », « Gens talentueux ! », « Amazing cast ! » La paraphrase se veut poussive, mais le fond y est. A la sortie de la salle, des marseillais déplorent « je reconnais pas la ville, c’est tout sauf Marseille ». Faut-il être plus explicite ?

Marseille : Fiche Technique

Créateur, scénariste : Dan Frank
Réalisateurs : Florent-Emilio Siri
Avec Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Géraldine Pailhas, Nadia Farès, Stéphane Caillard, Hippolyte Girardot, Maruschka Detmers, Gérard Meylan, Antoine Coesens, Nozha Khouadra
Diffuseur(s) : Netflix / TF1
Année de production : 2016
Version : vostfr
Pays : France

Festival

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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