Rétro Burton : L’Étrange Noël de Monsieur Jack – Critique

Que tous ceux qui pensaient encore que L’Étrange Noël de Monsieur Jack avait été réalisé par Tim Burton lèvent la main… Perdu !

Synopsis : Jack Skellington, roi des citrouilles et guide de Halloween-ville, s’ennuie : depuis des siècles, il en a assez de préparer la même fête de Halloween qui revient chaque année, et il rêve de changement. C’est alors qu’il a l’idée de s’emparer de la fête de Noël…

Ce petit bijou de l’animation a en réalité été mis en scène par Henry Selick, autre amateur d’imagerie gothique et d’univers un peu à part, qui a également adapté James et la Pêche Géante, toujours produit par Burton, mais aussi l’excellent Coraline, il y a tout juste cinq ans. Pourquoi, alors, parler de ce film dans une rétrospective consacrée au réalisateur de Big Eyes ? Parce que, hormis la réalisation justement, pratiquement tout est signé Burton. Et, franchement, cela se voit un peu…

D’une saison à une autre

Le scénario, tout d’abord. L’Étrange Noël de Monsieur Jack est l’adaptation en long métrage d’un poème écrit par le jeune homme au début des années 80, à une époque où il n’est encore que simple animateur chez Disney. Il faudra attendre presque dix ans et les débuts de la starification de son auteur pour voir enfin les personnages qu’il a créé prendre vie sur grand écran. On retrouve d’ailleurs les thèmes chers à Burton dans ce conte de Noël d’un genre un peu particulier à travers l’histoire de Jack Skellington, roi d’Halloween qui aspire à être ce qu’il n’est pas, et cherche à découvrir un monde nouveau, loin de la froideur de son univers.

La légende veut que l’idée lui soit venue alors qu’il passait devant la devanture d’un magasin. Il aurait alors observé les employés changeant la décoration des vitrines, échangeant les personnages d’Halloween contre ceux de Noël, et combinant les deux l’espace d’un instant. Le poème The Nightmare before Christmas (titre original du film, bien plus mélodieux et original par ailleurs) comporte déjà la trame du film, et il a dès lors suffi de rajouter une intrigue amoureuse et un grand méchant digne de ce nom pour obtenir le scénario final. Restait alors à donner vie à cette vision décalée.

Citrouilles et sapins

C’est là, une nouvelle fois, qu’intervient Tim Burton. C’est à lui, en effet, que revient la tâche de créer décors et personnages. Après tout, c’est lui qui a imaginé ce monde. Quoi de plus naturel que de lui en confier la direction artistique ? Après avoir plongé dans les méandres de Gotham City, le voici donc chargé de créer HalloweenLand, mais aussi la ville du Père Noël, et tous leurs contrastes. L’occasion idéale pour tester sa créativité débordante. L’Étrange Noël de Monsieur Jack est d’ailleurs un sacré challenge pour les équipes d’animateurs. Pour la petite histoire, il s’agit du tout premier long-métrage réalisé exclusivement en stop-motion…

S’il n’est pas (vraiment) signé Burton, L’Étrange Noël de Monsieur Jack est associé au réalisateur d’Edward aux mains d’argent pour une raison. Sans tenir la caméra, celui-ci se retrouve partout, à chaque seconde, à chaque plan. Après tout, l’histoire est de lui, les décors et le design sont de lui… Certes, Selick est un grand réalisateur… Mais on a tout de même envie de rendre à César ce qui lui appartiendrait presque.

L’Étrange Noël de Monsieur Jack – Fiche Technique

USA – 1993
Animation, Fantastique, Familial
Réalisateur : Henry Selick
Scénariste : Tim Burton, Michael McDowell, Caroline Thompson
Distribution : Chris Sarandon (Jack Skellington), Danny Elfman (Jack Skelligton, Barrel), Catherine O’Hara (Sally)
Producteurs : Tim Burton, Denise DiNovi, Kathleen Gavin Jeffrey Katzenberg
Directeur de la photographie : Pete Kozachik
Compositeur : Danny Elfman
Production : Skellington Productions, Touchstone Pictures
Distributeur : Walt Disney Studios Motion Pictures France

Auteur : Mikael Yung

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