Orange Is The New Black Saison 4 : Critique

Orange Is The New Black : La vie n’est pas toujours rose et ce ne sont pas les détenues de Litchfield qui diront le contraire. Cette saison, les prisonnières broient du noir, rient jaune et se font une peur bleue. Retour sur une saison 4 chargée en émotions. 

Synopsis : Piper Chapman a une vie bien rangée, un fiancé et un bel avenir devant elle. Mais son passé finit par la rattraper. Elle est condamnée à purger une peine de prison de 15 mois pour avoir transporté de la drogue dans sa jeunesse. Elle se retrouve dans une prison pour femmes, toutes plus déjantées les unes que les autres. Inspirée du livre autobiographique de Piper Kerman, Orange Is The New Black, imaginée par la talentueuse Jenji Kohan, est devenue en quelques mois une série à succès. 

Une série haute en couleurs

On avait laissé nos détenues préférées dévêtues de leur tenue orange, barbotant dans le lac voisin et flairant de près le parfum de la liberté retrouvée. Sauf pour cette pauvre Bursett (Laverne Cox), condamnée à séjourner au trou et Alex Vause (Laura Prepon), témoin d’un meurtre.

Mais qu’adviene-t-il de ces drôles de dames dans cette quatrième saison tant attendue ?

Joe Caputo (Nick Sandow), nouveau directeur de Litchfield, se retrouve face à une pénurie de gardiens et une surpopulation de sa prison. Une nouvelle équipe d’élite est alors embauchée et prise en charge par le tyrannique Capitaine Piscatella (Brad William Henke) pour veiller à l’ordre, mais les choses ne vont pas exactement se passer comme prévues.

Noir c’est noir !

C’est la première fois que la série nous plonge dans un univers aussi noir. Avec un démarrage plutôt léger dans son traitement auquel nous avait habitué OINTB malgré des personnages toujours aussi profonds, les épisodes -et à travers eux le destin des personnages- deviennent de plus en plus sombres voire carrément tragiques. A l’instar de ce pauvre Caputo, on assiste impuissants à des événements aussi inattendus que catastrophiques qui bouleverseront à tout jamais l’histoire de Litchfield.

Au menu : racisme, torture physique et psychologique, déception, trahison, abus de pouvoir et maltraitance… Les détenues de Litchfield en bavent et aucune d’entre elle n’est épargnée, même les plus « innocentes ».

On a rarement vu trois derniers épisodes aussi éprouvants, toutes séries confondues. Car ce qui fait la grande force de Orange Is The New Black, c’est sans conteste l’empathie qu’elle arrive à susciter chez le spectateur. Quand ces femmes souffrent, on souffre avec elles. Débordantes de réalisme et touchantes, on ne peut que se sentir concerné par leurs bonheurs et leurs malheurs.

Des intrigues en apparence légères qui cachent une dure réalité : la vie nous donne parfois des coups.

La cohabitation forcée va renforcer le communautarisme et ainsi provoquer la création de gangs dans la prison dont Chapman (Taylor Schilling), qui a prit la grosse tête depuis qu’elle s’est imposée en caïd du trafic de petites culottes, fera les frais, passant successivement de victime à bourreau.

Dans cette nouvelle saison, le racisme et le sexisme, deux thèmes déjà centraux de la série, prennent une tournure nouvelle et particulièrement violente. Nous en avions eu un avant goût plutôt amer dans la saison précédente avec l’agression de Sofia Bursett et le viol de la pauvre Doggett (Taryn Manning), mais nous n’avions manifestement encore rien vu.

Rira bien qui rira le dernier !

Mais Orange Is The New Black ne serait pas Orange Is The New Black sans une bonne dose d’humour ! Les bonnes copines Taystee (Danielle Brooks), Black Cindy (Adrienne C. Moore) et Crazy Eyes (Uzo Aduba), l’excentrique Morello (Yael Stone) et la charismatique Red (Kate Mulgrew) sont toujours au rendez-vous pour nous faire rire et nous surprendre. 

En ce qui concerne les légendaires passions amoureuses qui peuplent les murs de Lichtfield, elles ne sont pas non plus laissées de côté. Une idylle naissante entre l’adorable Poussey (Samira Wiley) et la militante Soso (Kimiko Glenn) questionne sur l’intolérance, Caputo est partagé entre son cœur et sa raison tout comme Doggett et Morello se retrouve confrontée à des complications conjugales et découvre que le mariage n’a pas que des bons côtés.

Une série féministe ?

Certes, ce sont les femmes qui sont derrières les barreaux, mais sont-elles les vrais coupables ? En y regardant d’un peu plus près, dans chaque histoire, un homme semble être plus ou moins impliqué dans la destinée tragique des prisonnières. Un petit ami dealer de drogue, un mari excessif, un patron aux méthodes douteuses … Quant aux personnages masculins de la série, entre le petit ami infidèle de Piper, Bennett (Matt McGorry) le déserteur, Luscheck (Matt Peters) qui a envoyé Nicky (Natasha Lyonne) au trou, le conseiller Healy (Michael Harney) qui cumule racisme, sexisme et préjugés en tout genre et les gardiens aux mains baladeuses et aux propos dégradants, le Mâle semble être une véritable menace pour les femmes.

Ce n’est qu’un au revoir…

13 nouveaux épisodes riches et intenses, 13 heures de pur plaisir, de rire et de larmes.

Le retour de deux personnages emblématiques ne manqueront pas de rassurer et satisfaire les fans, sans compter l’arrivée d’une nouvelle détenue à la langue bien pendue, Judy King (Blair Brown) qui s’annonce des plus mémorables et risque de bousculer l’ordre hiérarchique établi.

Après trois premières saisons particulièrement réussies, hissant la série au rang de culte dans le monde entier, Orange Is The New Black continue de nous surprendre par ses intrigues aussi profondes que ses personnages, son esthétique soignée et sa bande originale entraînante. Avec une fin de saison comme celle-ci, on ne peut que se ronger nerveusement les ongles en attendant d’enfiler à nouveau notre combinaison orange pour retrouver les pensionnaires de Litchfield, normalement en juin prochain.

Saison 4, disponible sur Netflix depuis le 17 juin dernier. 

Fiche technique : Orange Is The New Black

Créée par : Jenji Kohan
Interprétation : Taylor Schilling, Laura Prepon, Jason Biggs, Kate Mulgrew, Yael Stone, Samira Wiley, Daniel Brooks …
Réalisation : Andrew McCarthy, Constantine Makris, Erin Feeley, Mark A. Burley, Phil Abraham, Tricia Brock, Uta Brieswitz
Scénario : Lauren Morelli, Nick Jones, Tara Hermann, Sara Hess et Sian Heder
Format : 60 minutes
Nombre d’épisodes : 13
Diffusée sur : Netflix
Genre : Comédie, Drame

États-Unis – 2013

Auteur : Yael Calvo

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