Canal + révolutionne les programmes courts avec la série Calls de Timothée Hochet

Calls, la nouvelle série proposée par Canal + à la mi-décembre, va faire beaucoup parler d’elle. Calls ne proposera en effet aucune image. Ce programme atypique est principalement focalisé sur une expérience sonore.

Canal + va proposer dès le vendredi 15 décembre 2017 une nouvelle création originale intitulée Calls. Cette série propose un concept assez rarement exploité à la télévision. La série ne contiendra en effet aucune image avec des acteurs jouant la comédie. L’écran noir de votre téléviseur sera accompagné simplement par des sous-titres. L’attention du téléspectateur se concentre donc entièrement sur le contenu audio du programme.

Dix épisodes ont été conçus pour la série Calls. Ils correspondent, en réalité dans l’intrigue, à une variété d’enregistrements retrouvés après des événements tragiques. Chaque épisode sera d’une durée de dix minutes. La série s’intéresse à l’étrange, l’angoisse, l’amour et à l’inexplicable. Les thèmes abordés dans ces dix histoires sont variés. Les enregistrements en question proviennent de diverses sources : la boite noire d’un avion, un répondeur téléphonique, des talkies-walkies, les cassettes d’un magnétophone ou des appels à Police Secours.

Le concepteur et « réalisateur » de Calls, Timothée Hochet, âgé seulement de 23 ans, s’est confié à la rédaction du Huffington Post sur ce programme ambitieux. Ce jeune cinéaste a déjà réalisé de nombreux courts-métrages sur YouTube.

[Le] projet constitue une expérience où le spectateur se retrouve plongé dans le noir, frissonne et imagine. Selon moi, l’image est extrêmement présente dans notre société actuelle, le son un peu moins. A travers cette entreprise, je souhaitais absolument mettre l’accent sur l’aspect auditif et l’imagination. J’apprécie énormément le petit côté « histoire au coin du feu » et je voulais le retranscrire dans cette fiction. Tous les épisodes ne sont pas angoissants, c’est très varié. On peut trouver une pointe d’humour à plusieurs reprises par exemple.

Même si la série ne permettra pas de bénéficier de la présence et de l’aura des acteurs à l’image et à l’écran, le casting vocal de Calls est néanmoins de haute volée avec notamment Gaspard Ulliel, Charlotte Le Bon, Mathieu Kassovitz, Baptiste Lecaplain ou bien encore Kyan Khojandi.

Timothée Hochet a connu un véritable succès en créant une toute première vidéo sur la toile, intitulée Calls (expérience auditive). Publiée sur Youtube, sa vidéo, sans image, a rapidement dépassé la barre des 450 000 vues. Lorenzo Benedetti, le PDG de Studio Bagel (appartenant à Canal +), a été séduit par le concept. C’est à partir de ce moment-là qu’est né le projet de cette série. Les scénarios de Calls ont été écrits par Timothée Hochet.

Le message qui accompagne la bande-annonce du programme promet une bonne dose d’angoisse et de sensations fortes. Ces indications sont assez similaires aux recommandations déjà vues dans cinéma de genre avec le procédé du found footage, comme Le Projet Blair Witch.

Ces enregistrements témoignent de ce qu’il s’est passé. Ces cassettes peuvent être choquantes et dérangeantes. Gardez en tête que tous ces enregistrements sont authentiques, aucune de ces cassettes n’a été manipulée ou truquée.

Pour que le concept de Timothée Hochet puisse trouver sa place à la télévision, de légères modifications ont donc été apportées.

Je souhaitais avoir un écran tout noir. Pour Canal, c’était plus compliqué car ils craignaient que les téléspectateurs pensent à un bug en tombant sur le programme. On a donc décidé d’inclure des images abstraites avec Olivier Degrave [le directeur artistique visuel].

Des stimuli visuels devraient ainsi réveiller et surprendre le spectateur. Timothée Hochet serait prêt à travailler sur une deuxième saison. La création originale Calls sera donc diffusée tous les vendredis soir à partir du 15 décembre sur Canal + Décalé.

Bande-annonce de Calls, une série de Timothée Hochet, diffusée en exclusivité sur Canal + Décalé :

Calls, expérience auditive de Timothée Hochet :

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Aaahh Belinda : pépite féministe du cinéma turc

Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.