La Nuit a dévoré le monde : Le renouveau de l’horreur à la française !

Les fans de cinéma de genre vont très bientôt pouvoir découvrir une perle française dans les salles obscures. La Nuit a dévoré le monde, le long-métrage de Dominique Rocher, s’apprête à sortir au mois de mars. Le jeune réalisateur s’est lancé dans un pari osé, un film de zombies !

Après les dernières tentatives dans le cinéma français de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud avec Goal of the Dead et La Horde, un nouveau projet s’apprête à sortir dans les salles obscures dans quelques semaines. La Nuit a dévoré le monde, présenté dans la catégorie hors-compétion à Gérardmer, s’attaque au genre très risqué des films de zombies. Le long-métrage va en réalité interroger les spectateurs sur la sensation de solitude et sur l’individualisme plutôt qu’une énième tentative de faire peur avec le thème des morts-vivants.

Sam, un jeune parisien, vient de passer une nuit de fête somptueuse dans un luxueux appartement. A son réveil, le lieu est désert. Il va malheureusement découvrir rapidement que la capitale a été envahie par des hordes de zombies. Il va devoir rapidement s’organiser afin de tenter de survivre. Sam est-il le seul survivant de cette nuit d’apocalypse ?

Dominique Rocher a écrit le scénario avec Guillaume Lemans (Pour Elle, Mea Culpa) et Jérémie Guez (Yves Saint Laurent). La Nuit a dévoré le monde est en réalité une adaptation du roman de Pit Agarmen, le pseudonyme de l’écrivain Martin Page. Le jeune cinéaste s’est confié à la rédaction d’Allocine sur ce premier long-métrage.

J’ai tout de suite été séduit par ce texte, son ton atypique et la façon dont il pose la question de l’isolement et du rapport aux autres. Et surtout par la personnalité de Sam, un personnage qui aime la solitude, à la limite de l’agoraphobie. C’est cette misanthropie qui s’incarne à travers le genre. Lorsqu’il émerge dans un monde transformé pendant la nuit, au milieu d’un océan de zombies, cette transformation ne le surprend pas. Je dirais même qu’il est armé pour survivre, psychologiquement. En une nuit, il se retrouve seul, dans cet immeuble haussmannien telle une île déserte, sans espoir d’être retrouvé. Sam s’apparente à un Robinson Crusoé et doit tout organiser pour sa survie. J’aimais l’idée de quelqu’un qui trouve une sorte d’équilibre dans cette solitude et dans cet univers.

Le cinéaste a souhaité mettre en perspective l’image d’une grande ville et le sentiment de solitude.

La logique propre au cinéma de genre et aux films de zombies impose comme principe de transformer d’autres êtres humains en monstres… Et pour moi, l’idée de l’isolement sur laquelle je voulais travailler s’incarnait parfaitement dans cette convention. Ce qui m’intéressait alors, c’était de centrer le film sur Sam plutôt que sur ces monstres.

Deux versions du film ont été tournées. L’une en anglais, l’autre en français. Chaque plan a été tourné deux fois. Le casting regroupe les comédiens Anders Danielsen Lie, Golshifteh Farahani, Denis Lavant, Sigrid Bouaziz et David Kammenos. La Nuit a dévoré le monde sortira au cinéma en France le 07 mars 2018.

Selon des informations d’Allocine, Dominique Rocher a également l’intention de développer une mini-série pour Arte, intitulée La Corde (3 épisodes de 52 minutes). La Nuit a dévoré le monde est son tout premier long-métrage.

Bande-annonce La Nuit a dévoré le monde :

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.