John Woo annonce son grand retour en 2018 avec le remake de Manhunt de Junya Sato

John Woo, l’un des cinéastes qui a révolutionné le cinéma d’action et les polars avec des scènes de gunfights inoubliables, a évoqué son prochain film lors d’une conférence de presse, le 15 janvier dernier, à Pékin. Le réalisateur du Syndicat du Crime et de The Killer a tenu à réaliser, avec ce nouveau long-métrage, un remake de Manhunt de Junya Sato et à rendre hommage, par la même occasion, au comédien Ken Takakura.

John Woo vient donc de dévoiler de nouvelles informations sur son prochain projet pour le septième art à l’occasion d’une conférence de presse à Pékin en ce début janvier. Il s’est attaqué à Manhunt, un classique du cinéma asiatique. Ce film japonais, réalisé en 1976 par Junya Sato, est basé sur un roman de l’auteur Juko Nishimura. Le personnage central, un inspecteur de police, doté d’une forte personnalité, est accusé à tort de corruption et de viol. Il va devoir entamer une quête sur le chemin de la rédemption pour laver son honneur. Il sera aidé au cours de son périple par la ravissante fille d’un milliardaire. Le titre original du film est Kimi yo fundo no kawa wo watare.

Manhunt de Junya Sato a été le premier film étranger à être importé en Chine en 1978 depuis l’ouverture du pays au marché international après la fin de la Révolution Culturelle.

Le rôle principal de Manhunt était occupé par l’acteur Ken Takakura. Ce comédien japonais légendaire est décédé en 2014 au grand dam de John Woo, comme il l’a évoqué à l’occasion de la conférence de presse de ce début janvier :

« J’ai rencontré et parlé avec Ken Takakura après avoir réalisé Le Syndicat du crime en 1986. Nous étions deux grands admirateurs de nos filmographies respectives. Malheureusement, nous n’avons jamais eu la chance de travailler ensemble avant sa mort. S’il y a bien une raison pour laquelle j’ai choisi de refaire Manhunt, c’est principalement pour rendre hommage à Ken Takakura. Son rôle de Morioka dans le film a été une grande source d’inspiration et une référence pour de nombreux Chinois avec son courage et son esprit. »

La société Media Asia a racheté les droits du roman dans le cadre de cette nouvelle adaptation. Peter Lam, à la tête de Media Asia, a contacté John Woo après qu’il eut découvert que le cinéaste était un grand fan et appréciait énormément le travail de l’acteur japonais. Woo avait fait des déclarations dithyrambiques et admiratives sur la qualité et le jeu de l’acteur Ken Takakura, juste après sa mort. Perer Lam est donc ainsi aisément parvenu à convaincre John Woo de réaliser ce remake de Manhunt.

La sortie du film est prévue pour les futures festivités du Nouvel An chinois comme l’a révélé le cinéaste le 15 janvier dernier lors de la conférence de presse à Pékin. Ce prochain long-métrage de John Woo arrivera effectivement sur les écrans en Chine le 16 février 2018. John Woo espère ainsi relancer sa carrière avec Manhunt, tout en bénéficiant d’une sortie à l’occasion d’une date clé en Asie.

Après l’âge d’or de ses productions cultes à Hong Kong (Le syndicat du crime, The Killer, A toute épreuve, Une balle dans la tête) et son escapade à Hollywood (Chasse à l’homme, Broken Arrow, Volte/Face, Mission Impossible 2, Paycheck), John Woo était revenu en Chine ces dernières années. Le cinéaste a réalisé des œuvres ambitieuses avec des budgets colossaux (Les Trois Royaumes, Le Règne des assassins). Sa récente production, The Crossing, n’a pas obtenu le succès escompté au box-office chinois. Divisé en deux parties, The Crossing avait rapporté 260 millions de yuans pour un budget de plus de 400 millions en 2015.

Cette version 2018 de Manhunt réunit le casting suivant : Zhang Hanyu, Tao Okamoto, Jun Kunimura, Hiroyuki Ikeuchi, Qi Wei, Wu Feixia, Masaharu Fukuyama, Yasuaki Kurata, Nanami Sakuraba ainsi que Johan Karlberg. Le film serait actuellement en post-production d’après des informations de China.org.cn.

Zhang Hanyu, qui va reprendre le rôle culte de Morioka, a indiqué que le film de 1976 l’avait beaucoup influencé. A l’occasion de cette conférence de presse à Pékin, Zhang Hanyu a déclaré que l’interprétation de Ken Takakura dans le film d’origine a eu une grande influence sur sa carrière. Il a déjà visionné ce long-métrage plus d’une trentaine de fois.

« Je suis tellement chanceux de jouer dans cette nouvelle version, plus de quarante ans après avoir été touché pour la première fois par le film d’origine. »

Reste à savoir si ce nouveau long-métrage ambitieux de John Woo, destiné au marché asiatique, sortira en 2018 dans les salles européennes et américaines.

En cas de réussite, John Woo pourrait relancer sa carrière internationale et ainsi tenter de mener à bien son projet de longue date : un remake Hollywoodien de son œuvre culte, The Killer.

 

Festival

L’Étrange Festival 2026 : Ikatan Darah, la dette de sang

À l'Étrange Festival, Ikatan Darah déploie la fureur chorégraphiée de la maison Iko Uwais. Mega, athlète de pencak silat, riposte contre une mafia locale pour sauver son frère endetté. Antagonistes grotesques, adrénaline continue et un duel à la tondeuse à gazon qui coupe le souffle.

L’Étrange Festival 2026 : Tristes tropiques, le masque de l’épuisement

Élevés dans la loi de la jungle par un Maître aujourd'hui disparu, les tueurs d'élite de "Tristes Tropiques" se déchirent entre rumeurs et soupçons de trahison. Park Hoon-jung filme une fratrie fatiguée par ses propres masques, entre mélancolie stylisée et scènes d'action frontales, jusqu'à un climax à la machette.

L’Étrange Festival 2026 : Ithaqua, le dieu de la famine ressuscite la Hammer

La Hammer ressuscite le mythe du wendigo avec "Ithaqua", film de monstre glacial tourné en Ontario dans des conditions extrêmes. Entre horreur mythologique et survival à la sauce western, ce retour du studio britannique séduit par son atmosphère et ses effets pratiques, malgré des défauts de tons et de rythme.

L’Étrange Festival 2026 : Le sabre des gardiens, une épopée à l’étroit

Chorégraphe historique du cinéma d'action hongkongais, complice de Jackie Chan et des Wachowski sur "Matrix", Yuen Woo-ping signe un wuxia porté par des cascades inédites et une tempête de sable réelle. Un film généreux, où le souffle épique se heurte à une narration trop dense pour son format.

Newsletter

À ne pas manquer

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

The Dog Stars : Ridley Scott s’essaie au post-apo (en pantoufles)

Dans un monde post-pandémique, Ridley Scott livre un survival maîtrisé mais sans surprise, porté par Jacob Elordi, Josh Brolin et Margaret Qualley dans les paysages du Colorado.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.