Les Figures de l’Ombre, un film de Theodore Melfi : Critique

Adapté du roman éponyme de Margot Lee Shetterly, Les Figures de l’ombre (Hidden Figures en anglais) de Theodore Melfi offre une narration engagée et vivide sur une histoire jusque là méconnue du grand public.

octavia-spencer-janelle-monae-les-figures-de-l-ombre-theodore-melfiInspiré d’une histoire vraie, Les Figures de l’ombre raconte le combat mené par trois brillantes afro-américaines aux États-Unis dans les années 1950-1960 pour l’égalité des droits dans un monde et une période de l’histoire américaine où demeurait la ségrégation raciale et où les femmes avaient un rôle moindre dans l’organigramme.

Ingénieures à la NASA, nos trois héroïnes Katherine Johnson (jouée par Taraji P. Henson), Dorothy Vaughan (Octavia Spencer) et Mary Jackson (interprétée par la star de R’n’B Janelle Monae) font vibrer cette fiction historique par leur génie, leur sensibilité et leur force. Katherine Johnson, personnage principal, ouvre le film avec des images d’elle plus jeune et donne le ton du film par l’étendue du génie qu’elle avait déjà lorsqu’ elle était enfant. Plus âgée et sous les traits de l’actrice qui ne fait que monter, Taraji P. Henson, Katherine doit redoubler de bravoure lorsqu’elle rejoint l’équipe d’Al Harrison (joué par Kevin Costner). L’accueil glacial et ostentatoirement ségrégationniste vécu par Katherine à son arrivée dans ce nouveau cadre de travail ne suffit toutefois pas à la stopper de réaliser son rêve : participer au programme américain destiné à envoyer le premier homme dans l’espace.

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Même topo pour ses comparses et collègues Mary Jackson et Dorothy Vaughan. Tandis que Mary se bat bec et ongles contre l’injustice faite à l’encontre des noirs dans le système académique, Dorothy est de son côté confrontée à l’inégalité au travail. En effet, à cause de sa couleur de sa couleur de peau, bien que la doyenne opère à Langley la fonction de superviseure pour l’équipe de recherche constituée uniquement d’afro-américaines ingénieures surnommées les « coloured computors », ce poste à titre officieux ne lui permet pas de jouir des avantages supposés de cet emploi (salaire, reconnaissance, perspective d’évolution…).

Aussi, développé autour du racisme et de la course spatiale -deux thèmes qui régissaient l’actualité dans les années 1960- Les Figures de l’Ombre opte néanmoins pour une approche plus légère pour évoquer le combat de nos héroïnes pour survivre dans un monde sexiste et raciste, et par conséquent foncièrement hostile au succès des personnes de couleur. C’est ainsi que l’un des moments phares du film qui est la course de Katherine pour rejoindre les toilettes réservées aux personnes de couleur (à plus d’un d’un kilomètre de son lieu de travail) est accompagné de l’énergique titre « Runnin » de Pharrell Williams (co-producteur du film), rendant la scène moins morne.

De fait, comme une volonté d’atténuer la gravité des événements et d’offrir un « happy ending » à nos brillantes scientifiques, les producteurs se sont reposés sur trois éminents éléments : les personnages John Glenn (Glen Powell), Al Harrison et Jim Johnson (Mahershala Ali). Tous trois attribués à l’histoire de Katherine, ils joueront un rôle central dans la vie du personnage principal. Le célèbre astronaute John Glenn, se distinguera par sa vivacité, sa capacité à respecter autrui peu importe sa race, et son soutien sans faille et salutaire envers Johnson. Responsable de Katherine, l’œil bienveillant d’Al Harrison pour sa nouvelle recrue permettra à cette dernière d’être respectée par ses collègues racistes. Jim Johnson trouve quant à lui sa place dans ce biopic-drama avec l’histoire d’amour développée entre lui et le personnage de Taraji P.

taraji-henson-octavia-spencer-janelle-monae-les-figures-de-l-ombre-theodore-melfiBien loin du désormais classique La Couleur des Sentiments (Tate Taylor – 2011) ou du récent Mandela (Justin Chadwick – 2013) dans son approche narrative, Les Figures de l’Ombre de Theodore Melfi se révèle dès les premières minutes être un film divertissant sans toutefois oublier de mettre en exergue la sévérité de la situation raciale dans les années 1960 (bureaux, écoles, toilettes ou bibliothèques séparés entre blancs et noirs). L’histoire vraie de Katherine, Dorothy et Mary est un pan de l’histoire des États-Unis dont les valeurs patriotiques ne manqueront pas de porter au sommet de leur grandeur, ces trois mathématiciennes qui ont aidé à envoyer le premier homme (américain) dans l’espace. En plein mouvement des droits civiques, trois afro-américaines employées à la NASA entraient alors dans l’histoire spatiale. Leur amitié brillamment développée par Henson, Spencer et Monae, solidifiera le courage de ces dames. Les Figures de L’Ombre n’est pas un biopic comme les autres. C’est un hommage historique qui aura l’intelligence de dépeindre avec éclat un portrait authentique du racisme à cette époque.

Synopsis : Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

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Les Figures de l’ombre : Bande annonce

Les Figure de l’ombre : Fiche Technique

Titre original : Hidden Figures
Réalisateur : Theodore Melfi
Scénario : Allison Shchroeder et Theodore Melfi d’après le livre Hidden Figures de Margot Lee Shetterly
Interprétation : Taraji P. Henson (Katherine Johnson), Octavia Spencer (Dorothy Vaughan), Janelle Monae (Mary Jackson), Kevin Costner (Al Harrison), Kirsten Dunst (Vivian Jackson), Jim Parsons (Paul Stafford), Glenn Powell (John Glenn), Mahershala Ali (Jim Johnson)
Musique : Hans Zimmer, Pharrell Williams et Benjamin Wallfisch
Photographie : Mandy Walker
Montage : Peter Teschner
Producteurs : Donna Giliotti, Peter Chernin, Jenno Topping, Pharrell Williams et Theodore Melfi
Maisons de production : Fox 2000 Pictures, Chernin Entertainment, Levantine Films et TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox
Récompenses : Nominé aux Oscars 2017 pour le Meilleur Film, Meilleur Scénario Adapté et Meilleur actrice dans un second rôle (Octavia Spencer), Récompensé du Meilleur casting aux Screen Actor Guild Awards 2017 et National Board of Review 2017
Durée: 127min
Genre : Drame, Biographie
Date de sortie : 08 Mars 2017

États-Unis– 2016

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