« Le Retour de la souris du futur » aux éditions Glénat

Avec Le Retour de la Souris du Futur, la maison d’édition Glénat offre une suite à La Souris du Futur, qui permettait à un collectif de jeunes auteurs talentueux de revisiter les classiques de l’animation Disney, en insufflant une nouvelle vie à quatre œuvres ancrées dans la mémoire collective.

Dans Constructeurs de vaisseaux, le premier récit de ce volume, Mickey et ses amis font face à une catastrophe imminente. Fermiers et jardiniers au sein de la station spatiale Donald 1, qui dispose des technologies les plus avancées, ils se voient menacés par un astéroïde. La Commandante les enjoint de fuir, en n’emportant que l’essentiel. C’est là que le bât blesse et que l’incongruité se fait jour : nos héros entendent sauver leurs arbustes (dont un arbre à beignets !) et se sacrifient en leur cédant leur place à des bord des navettes. Ils doivent alors concevoir leur propre véhicule, avec toutes les difficultés que cela implique (les robots se retournent contre Donald) mais échouent lamentablement…

Le Rover de Mickey, avec ses couleurs ocre, nous transporte sur Mars, explorant les contrastes entre le désir d’aventure de Mickey et le besoin de confort de Donald, entre le connu et l’inconnu. L’odyssée martienne des héros, ponctuée d’incidents comiques et de découvertes fortuites, sert de toile de fond à une critique amusée des désirs humains face à l’exploration et les habitudes casanières. Pendant que la souris rêve de pics et de canyons, le canard aspire au calme des stations balnéaires. Un petit robot vient s’immiscer dans leur périple, entrecoupé par les maladresses : il vient signifier aux jeunes lecteurs ce que révèlent l’innocence et la quête d’identité…

Le troisième récit nous plonge dans une Donaldville futuriste, une nouvelle fois cent ans dans l’avenir, où la technologie et l’utopie urbaine se heurtent à la corruption et à la convoitise. Nettoyeurs de robots explore ainsi la dualité entre le progrès et ses détournements, à travers le combat du trio Mickey, Donald et Dingo contre le fantôme noir, désireux d’utiliser le premier Mécha en service pour asservir et mettre en coupes réglées les habitants de Donaldville. Cette histoire, qui se déroule dans un futur où les robots sont omniprésents, oppose les héros à un antagonisme assez convenu et prend place dans des planches graphiquement proches du film d’animation, avec de généreux aplats de couleurs.

La dernière aventure, À travers le betaverse, aborde les réalités alternatives et leurs implications. Ce récit, probablement le plus philosophique et poétique des quatre, interroge la notion de liberté individuelle face aux règles communautaires. La révolte dans le métavers résulte de la tension entre l’anarchie et l’ordre, le tout enveloppé dans une esthétique visuelle qui rend hommage au Pays des Merveilles.

Par sa pluralité et son caractère bon enfant, Le Retour de la souris du futur fait son œuvre et s’inscrit dans la continuité de l’héritage Disney. Ce volume projette quelques classiques de la firme aux grandes oreilles dans un futur riche de possibilités et de leçons pour l’humanité…

Le Retour de la souris du futur, collectif
Glénat, février 2024, 128 pages

Note des lecteurs0 Note
3.5

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Agnès la Chevaleresse » : la fantasy à la langue bien pendue

Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : l’Amérique au carrefour des fortunes

À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.

« Bêtes comme nous » : quand les animaux deviennent humains

Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.