La Dame en Noir 2 : L’Ange de la Mort, un film de Tom Harper – Critique

Véritable institution de l’horreur à la gothique dans les années 50 à 70, la Hammer a donné vie à nombre de monstres populaires sur grand écran, avant de connaître le déclin dans les années 80. Revenus sur le devant de la scène il y a deux ans grâce à La Dame en Noir, film sympathique doté d’un budget minuscule, les studios ont décidé de poursuivre la stratégie qui leur a apporté le succès.

Synopsis : Pendant la Seconde Guerre mondiale, huit écoliers accompagnés par la directrice de l’école et une jeune enseignante, quittent Londres pour se mettre à l’abri dans le petit village de Crythin Gifford. Ils s’installent dans une vieille demeure sur une petite île au large de la côte. Leur présence va bientôt réveiller une épouvantable force maléfique…

La relique de la mort

Fort de recettes record de plus de 130 millions de dollars à travers le monde (record pour la Hammer, s’entend), les producteurs ont rapidement mis en chantier une suite, centré sur le même « monstre » qui terrorisait Daniel Radcliffe. Voici donc La Dame en Noir partie pour devenir la nouvelle égérie du groupe. Pour combien de temps encore ?

Le spectre de l’ennui

L’entreprise est en effet délicate. Combien de franchises se sont ainsi créées qui ne finissaient pas par sombrer dans le ridicule ou la lassitude du spectateur après le film de trop (voire les deux ou trois) ? D’autant que, s’il pouvait paraître rafraîchissant de voir enfin surgir un film qui s’éloigne un peu du style en vogue aux États-Unis, La Dame en Noir premier du nom n’était pas non plus un chef d’oeuvre du genre. L’ambiance gothique était travaillée, peut-être un peu trop, et les montées d’adrénaline se faisaient souvent attendre. Le second film, bien entendu, reprend plus ou moins les mêmes recettes, et tente de les moderniser en transportant l’action quarante ans plus tard, en pleine Seconde Guerre Mondiale.

Un cadre qui aurait pu servir de toile de fond à une réflexion sur la cruauté de la guerre et ses premières victimes : les enfants, comme le faisait si bien Guillermo Del Toro dans l’excellent Labyrinthe de Pan. Las, le conflit n’est ici qu’une toile de fond, et une excuse pour une histoire un peu ridicule de jeunes orphelins éloignés de la zone des conflits dans une maison déserte. Une idée qui tourne vite mal, on s’en doute, et qui paraît si peu crédible que même certains personnages vont s’en étonner. Autre problème, si le huis-clos fonctionnait déjà difficilement dans le premier opus, il explose ici carrément en vol, et le dernier tiers devient franchement risible.

La maison est en carton

Non pas que le reste du film soit un exemple non plus. La réalisation de Tom Harper peine à provoquer des frissons, quelques idées sont à noter qui pourraient être intéressantes, mais celui-ci a trop souvent à retomber dans le cliché. On a l’impression d’avoir déjà vu certains plans des milliers de fois, et le rythme du scénario est bien trop lent pour permettre des montées d’angoisse. Du coup, pour compenser, Harper tombe dans la facilité en utilisant le raccourci favori de tout bon réalisateur de film d’horreur feignant : le jump-scare. Certes, il en abuse moins que d’autres, mais ceux-ci sont tellement risibles qu’ils provoquent l’effet inverse de celui recherché.

L’esthétique gothique, elle, est toujours là, plutôt bien mise en avant par une photographie soignée, malgré dix premières minutes un peu délicates. Dommage qu’elle ne suffise plus à assurer l’ambiance, comme c’était le cas dans le premier volet. À ce rythme-là, il a peu de chances que La Dame en Noir rejoigne les rangs des monstres classiques de la Hammer, aux côtés des Dracula, Frankenstein et autres momies…

La Dame en Noir 2 – Fiche Technique

Angleterre – 2014/Titre orignal: The Woman in Black 2: Angel of Death
Genre : Horreur, Thriller
Réalisateur : Tom Harper
Scénariste : Jon Crooker, d’après l’oeuvre de Susan Hill
Distribution : Phoebe Fox (Eve Parkins), Helen McCrory (Jean Hogg), Jeremy Irvine (Harry Burnstow), Oaklee Pendergast (Edward)
Producteurs : Simon Oakes, Tobin Armbrust, Ben Holden Richard Jackson
Directeur de la photographie : George Steel
Compositeur : Marco Beltrami
Monteur : Mark Eckersley
Production : Hammer Films Production, Talisman Productions
Distributeur : Metropolitan FilmExport

Festival

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