La Belle et la Bête de Christophe Gans : Critique Cinéma

La Belle et la Bête de Christophe Gans, un conte désincarné clé en main

Paru en 1740, écrit par Madame de Villeneuve, puis reprit en 1757 par Madame Le Prince Beaumont, le célèbre conte La Belle et La Bête a été adapté à plusieurs reprises. Une déclinaison cinématographique plus que réussi avec la version poético-surréaliste de Jean Cocteau sorti en 1946 et le chef d’œuvre animé des studios Disney daté de 1991. La version 2014 revient sur les écrans sous la houlette de Christophe Gans et l’écrivaine Sandra Vo Anh.

Renouant avec le monde des légendes (Le Pacte des loups relatant l’épisode de la bête de Gévaudan), le réalisateur du sombre et mélancolique « Silent Hill » signe un spectacle sublime à l’esthétique ultra-léchée, visuellement impressionnant…

La Belle et la Bête est un conte animée par une magie féerico-poétique, d’un esthétisme flamboyant avec des décors somptueux, des costumes fabuleux, des scènes baroques notamment ses géants de pierre, le lac gelé, la forêt qui s’éveille, une statue qui a une larme sur le visage…

Un écrin visuel enchanteur, rappelant par ses couleurs chatoyantes, l’omniprésence de la nature, l’univers du maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki (« Princesse Mononoke« , « Le Voyage de Chihiro » et dernièrement « Le vent se lève« ). Malheureusement la comparaison s’arrête aux décors, l’œuvre de Christophe Gans bien que traversé par quelques fulgurances où l’on voit la Bête se comporter comme un fauve, les flashbacks sur le passé du prince avant et après sa métamorphose, le film semble dévitaliser, il lui manque une âme, de l’émotion, de la fougue, du mystère, on ne voit jamais l’amour naître, transparaître entre la belle et la bête.

L’œuvre en se voulant grand public manque de mordant, de prises de risque, le côté noir, inquiétant de la bête n’est pas vraiment exploré, même si la bête incarnée divinement par Vincent Cassel produit fascination et peur. Au final, un magnifique tableau visuel, l’emportant malheureusement sur le scénario, La Belle et la Bête est un film mi-figue, mi-raisin, techniquement maîtrisé, une véritable réussite dans la forme, il dégage pourtant une impression de maladresse dans le fond et l’écriture.

La Belle et la Bête : bande-annonce

Synopsis : 1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie. Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine. Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux. Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son cœur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

Fiche Technique : La Belle et la Bête

Titre d’origine : La Belle et la Bête
Réalisation : Christophe Gans
Scénario : Christophe Gans, Sandra Vo-Anh
D’après : La Belle et la Bête de : Gabrielle-Suzanne de Villeneuve
Interprétation : Vincent Cassel (la Bête/ le Prince), Léa Seydoux (Belle), André Dussollier (le père), Eduardo Noriega (Perducas), Audrey Lamy (Anne), Myriam Charleins (Astrid), Jonathan Demurger (Jean-Baptiste), Nicolas Cob (Maxime), Louka Meliava (Tristan), Yvonne Catterfeld (la princesse)……
France, Allemagne : 2014
Genre : Fantastique, Romance
Sortie en salles : 12 février 2014
Durée : 1h52
Directeur de la photographie : Christophe Beaucarne
Décorateur : Thierry Flamand
Costumes : Pierre-Yves Gayraud
Montage : Sébastien Prangère
Musique : Pierre Adenot
Budget : 33 millions $
Producteur : Richard Grandpierre, Romain Le Grand, Charlie Woebcken, Christoph Fisser, Henning Molfenter
Distribution : Pathé Distribution

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