Kingdom, saison 1 : critique de la série

Critique Série Kingdom

Synopsis : L’histoire de la famille Henderson qui tient un club de karaté mixte dans le quartier de la Navy à Venice en Californie.

De bruit et de fureur 

En 2011, FX lance Lights out, une série avec en toile de fond, l’univers de la boxe, annulée au bout d’une saison, malgré sa qualité, mais l’audience n’était pas au rendez-vous. En 2013, Showtime mettait à l’antenne, une série fortement influencée par Lights out, avec de nouveau la boxe, une famille dysfonctionnelle, mais avec en tête d’affiche Liev Schreiber, plus charismatique et reconnu que Holt McCallany. Le succès est cette fois-ci là, ouvrant la porte à Kingdom, la première série originale de Direct TV.

Kingdom reprend les mêmes ingrédients : un univers viril et violent; mais avec le MMA (Mixed Martial Arts) à la place de la boxe, dans un contexte familial compliqué. Mais à première vue, le casting est moins impressionnant. Dans Lights out, Stacy Keach était la figure paternelle, un homme veuf, en proie à l’alcool. Dans Ray Donovan, on retrouve Jon Voight sortant de prison, un arnaqueur dénué de conscience, honni par son fils Liev Schreiber.

Ici, on retrouve Frank Grillo, découvert dans le film Warrior (2011), au sujet similaire à la série. Un acteur physique, ancien boxeur amateur, une gueule que l’on retrouve dans Captain America 2 et American Nightmare 2 (2014). Il est plus proche d’Holt McCallany, que de Stacy Keach et Jon Voight. Un nom pas encore reconnu, mais qui porte sur ses épaules cette création de Byron Balasco.

Le créateur Byron Balasco a déjà plusieurs séries à son actif, en tant que scénariste : Huff, FBI-portés disparus, FlashForward, Happy Town et Detroit 1-8-7, puis en tant que créateur : Westside et donc Kingdom. C’est fort de ses nombreuses expériences, qu’il se lance dans ce drame familial.

Une série à l’atmosphère sombre, aux personnages torturés, où les corps sculptés cachent des blessures plus profondes, que la violence des coups reçus, à l’entrainement, et dans la cage. Cette cage, élément central ou la rage et frustration de chacun s’exprime, tels des animaux emprisonnés attendant que le gibier y pénètre, pour une mise à mort digne d’un corrida. Cette violence contenue, refoulée, ressortant parfois sous l’influence de l’alcool, délie aussi les langues, et est souvent plus percutante, qu’une droite à la mâchoire.

C’est dans cet univers, que débarque Ryan Wheeler (Matt Lauria), ancienne star de MMA, avant de péter les plombs et de passer 4 ans en prison. Un homme plus proche de l’animal, le loup dans la bergerie, celui qui va mettre à mal l’équilibre fragile dans la salle, mais surtout dans le couple Alvey Kulina (Frank Grillo) et Lisa Prince (Kiele Sanchez), son ex. Alvey Kulina devant aussi composer avec sa difficulté d’être père, auprès de ses deux fils Jay Kulina (Jonathan Tucker) et Nate Kulina (Nick Jonas). Le premier est un talentueux combattant de MMA, mais une tête brûlée, tout le contraire du second, en pleine ascension, au calme apparent. Ils suivent les pas de leur père, ancien champion de MMA. Un héritage lourd à porté, surtout avec un autre retour, celui de leur mère Christina Kulina (Joanna Going), devenue une prostituée et toxicomane.

La qualité de la série, tient par sa réalisation, caméra à l’épaule, collée aux visages et aux corps, en style documentaire, avec une lumière et une photographie réussies. A son casting, où chacun semble porté l’autre vers le haut, d’abord par le biais d’une métamorphose physique impressionnante. Matt lauria en tête, inoubliable Luke Cafferty dans Friday Night Lights. Jonathan Tucker, un habitué des séries avec The Black Donnellys, Ro et Parenthood. Nick Jonas, ancien membre du groupe de pop-rock Jonas Brothers. Ces trois acteurs réussissent à faire oublier leur passé et à camper des combattants de MMA crédibles. Leurs performances sont impressionnantes, mais elles ne sont pas seulement physiques, Kingdom reste avant tout un drame, même si des combats réalistes et bien chorégraphiés, ponctuent certains épisodes. Dans ce monde d’hommes, o* règne aussi Frank Grillo. les femmes ne sont pas en reste, Kiele Sanchez faisant doucement oublier son joli minois, devenant tout aussi dure, qu’eux. Joanna Going, en mère démissionnaire, aux rapports ambigus avec son mari et ses enfants.

Une famille qui semble emprisonnée dans ce milieu, comme Matt Lauria, passant de sa cellule, à la salle de sport, puis à la cage, toujours enfermé, dont le seul exutoire est le combat. Kiele Sanchez, victime consentante, aussi en rupture avec son père. Cette figure du père, qui dicte les actes de chacun, hommes comme femmes. Une influence néfaste, où le bien semble avoir disparu de cette salle vétuste de Venice Beach.

Kingdom est une bonne surprise, un drame réussi, aux dialogues épurés, évitant les artifices, mais sombrant parfois dans la facilité, pour mieux rebondir, en prenant des chemins insoupçonnés. Un pari osé et réussi, mais surtout, la série est renouvelée pour deux saisons, face au succès critique.

Kingdom TV Série – Trailer

Fiche technique : Kingdom

Créateur : Byron Balasco
Réalisateurs : Gary Fleder, Adam Davidson, Dennie Gordon, Tim Iacofano et Michael Morris
Scénaristes : Byron Balasco, Tom Garrigus, Ryan Farley, Alex Metcalf, Fernanda Coppel et Vladimir Cvetko
Distribution : Frank Grillo, Kiele Sanchez, Matt Lauria, Jonathan Tucker, Nick Jonas, Joanna Going, Paul Walter Hauser, Ronnie Gene Blevins, Marc Brandt, Mario Perez, Bryan Callen, Jai Rodriguez, Jamie Harris, Phil Abrams, Jared Ward, Bruce Davison et Andre Royo
Musique : Tyler Bates
Photographie : Sidney Sidell
Producteurs : Byron Balasco, Lynn Stevenson, Vanessa Hayes et Tim Iacofano
Production : Endemol USA
Chaîne de diffusion : Direct TV
Nombres d’épisodes : 10 de 45 minutes

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.

Oklahoma Honey : le chant de la ruche

Andrew Patterson filme l'Oklahoma rural dans "Oklahoma Honey", une fable inspirante et généreuse portée par le retour de Matthew McConaughey en apiculteur charismatique, six ans après "The Gentlemen". Entre bluegrass, communauté et vengeance, Angelina LookingGlass fait des débuts marquants face à Kurt Russell.

Le Château de l’araignée : quand Kurosawa habille Macbeth de brume et de kimonos

"Le Château de l'araignée" transpose Macbeth dans le Japon féodal, entre codes du théâtre nô et fresque guerrière signée Akira Kurosawa. Toshiro Mifune et Isuzu Yamada portent ce récit d'ambition et de trahison, restauré en 4K et de retour sur grand écran.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.