Green Room, grand vainqueur du Festival du Film Fantastique de Neuchâtel 2015

Palmarès du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel 2015 

Avec Sitges, Gérardmer, Bruxelles ou encore Strasbourg, le festival fantastique de Neuchâtel est l’un des plus prestigieux d’Europe. L’édition 2015 s’est tenu du 03 au 11 juillet présidée par un jury exclusivement féminin composé de Sabrina Baracetti, Axelle Carolyn, Julie Bergeron,  Sylvie Fleury et Zoë Bell (Boulevard de la Mort, doublure Uma Thurman dans Kill Bill). C’est l’un des plus fréquentés festival européen. Ses chiffres donnent d’ailleurs le vertige : 157 films présentes, 30 pays représentés et plus de 35 000 spectateurs se sont déplacés en masse dans les salles suisses durant ces huit jours.

Les femmes du jury ont dévoilé leur palmarès ce samedi 11 juillet :

Green Room de Jérémy Saulnier remporte trois prix dont le plus prestigieux, le Prix H.R. Giger «Narcisse» du Meilleur Film. Il succède à Housebound de Gerard Johnstone. A cela, il faut rajouter le Prix du Public et le Prix de la Jeunesse Denis-de-Rougemont.

C’est un film danois qui a également su se démarquer dans cette vaste sélection puisque c’est Men & Chicken de Anders Thomas Jensen (Les Bouchers Verts, Adam’s Apple) avec son habitué Mads Mikkelsen qui ont remporté le Méliès d’Argent du Meilleur Long Métrage Fantastique Européen.

Il semblerait que Karyn Kusama ait décidé enfin de montrer toute l’étendue de son talent. Après les très décriés Aeon Flux et Jennifer’s Body, la réalisatrice new-yorkaise remporte le très select Prix du jury de la critique internationale pour The Invitation. Ce dernier est d’ailleurs déjà annoncé dans la programmation du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS).

Un étonnant film éthiopien fait partie du palmarès suisse. Il s’agit de Crumbs de Miguel Llansò qui remporte le Prix Imaging The Future (meilleur production design). Egalement sélectionné au prochain FEFFS, Crumbs est un film dont l’audace visuelle ne cesse de faire le buzz depuis quelques mois, présents dans tous les festivals de genre.

Du côté de l’Asie, c’est l’hongkongais Full Strike de Henri Wong & Derek Kwok qui a remporté le Prix du Meilleur Film Asiatique.

Enfin côté court-métrage, la Suisse est à l’honneur puisque deux de ses films se partagent les trois récompenses consacrés aux courts : Es War Finster und Merkwurdig Still de Mirella Brunold & Nina Calderone remporte le Prix HR Giger «Narcisse» du Meilleur Court Métrage Fantastique Suisse et le Méliès d’argent du Meilleur Court Métrage Fantastique Européen. Enfin,  Parasit de Diego Hauenstein repart avec le Prix Taurus Studio à l’innovation. 

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en mai dernier, Green Room a déjà été vu par notre rédaction.

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Graham Swon — La parole comme territoire

Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.
Kévin List
Kévin Listhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile assidu accro au café. Traîne dans les cinémas d'art et d'essai de Paris. Mange dans les food trucks entre deux films. Prend plaisir à débattre dans les bars des alentours de Notre-Dame. Outre son activité sur le site, Kévin est régisseur sur les plateaux de cinéma.

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.