FEFFS 2016: La Nuit excentrique clôture en beauté le festival

Comme l’an dernier, le FEFFS termine en beauté avec un film de clôture asiatique déjanté et 3 nanars de compétition pour tenir en haleine les festivaliers toute la nuit.

[Film de clôture] The Mermaid

Réalisé par Stephen Chow ( Hong-Kong,Chine 2016) Date de sortie inconnue.

Synopsis : Liu Xian, multimilliardaire vient d’acquérir le Golfe vert. Il prévoit d’y installer des sonars infligeant de nombreux dégâts à la faune aquatique. Les sirènes vivant dans le Golfe vert vont alors établir un plan pour éliminer Liu Xian.

Stephen Chow est un cinéaste reconnu pour ses comédies complètement loufoques, et notamment le célèbre Shaolin Soccer. Le voilà de retour avec un film revisitant le mythe des sirènes mais en gardant toute sa dimension déjantée. Puisant dans l’essence du cinéma hongkongais avec ses personnages virevoltants, et ses effets spéciaux assez kitsch, The Mermaid est également un hommage au cartoon. Il n’est pas difficile de se rappeler les fameux Bip-bip et Vil Coyote ou encore Tom et Jerry lors de certaines séquences (la tentative de meurtre en est la plus frappante).

Si cet aspect cartoon est omniprésent tout au long du film et le rend extrêmement drôle ( la séquence avec la police est un petit bijou), Stephen Chow ne s’arrête pas à une simple comédie complètement fêlée. Le cinéaste va de plus faire de son film une sorte de romance écolo. L’histoire d’amour entre Liu Xian et Shan est réussie et touchante. Le message écolo est lui aussi très présent, et sensibilise de façon originale aux dommages portés à un écosystème aussi fragile que l’océan. C’est peut-être un peu niais, mais ça se couple parfaitement avec cette dimension à la frontière du cartoon et du conte qu’est The Mermaid.

Mais le bouquet final du FEFFS n’est pas la cérémonie de clôture, c’est la très attendue Nuit excentrique. Cette dernière qui a été inaugurée pour la première fois à la Cinémathèque Française, fait son retour au FEFFS pour la deuxième fois après celle de l’an dernier. Concoctée par Jean-François Roger, directeur de la programmation de la Cinémathèque française, la Nuit excentrique nous propose 3 nanars top niveaux pour nous accompagner de minuit à 7h du matin. Pour cette deuxième fois à Strasbourg, le menu nous propose Virus Cannibale, Yor le chasseur du futur et Les Hommes d’une autre planète.

Virus Cannibale

Réalisé par Bruno Mattei (Italie, 1980) Date de sortie 17 novembre 1980.

Synopsis : Une troupe de militaires est envoyé en Nouvelle-Guinée afin de gérer des manifestations tribales. Après avoir sauvé un groupe de journalistes, ils remarquent que les autochtones souffrent d’un terrible virus.

Bruno Mattei fait partie de ces réalisateurs du cinéma bis italien réputés pour leurs films d’une qualité effroyable. Avant les Rats de Manhattan, autre grand classique du nanar, ce cher Bruno nous a offert Virus Cannibale. Alors que le film de zombies a le vent en poupe, grâce notamment à Georges Romero, il fallait que le cinéma italien apporte sa pierre à l’édifice. Dommage que cette pierre soit complètement émoussée. Virus Cannibale est un véritable récital de mauvais goût et de fautes cinématographiques. A tel point que le film en devient un chef d’œuvre du nanar.

Entre les zombies ne sachant pas ce qu’ils doivent faire, l’utilisation de stock-shot provenant de documentaires animaliers en complète inadéquation avec le récit, ou un scénario d’une bêtise infinie, tout est réuni pour passer un bon moment. Comme dans tout bon nanar, on peut bien évidemment compter sur une VF à la qualité plus que douteuse où les personnages débiteront des imbécillités à répétition, toujours accompagnées des mythiques « Salauds ! » propre aux nanars. Virus Cannibale est une série Z de zombies hilarante, de quoi bien commencer la nuit.

Yor le chasseur du futur

Réalisé par Antonio Margheriti (Italie, Turquie, 1982). Date de sortie inconnue.

Synopsis : Un Guerrier préhistorique part à la rechercher de ses origines et se retrouve dans le futur où il doit lutter contre le terrible Overlord.

Yor le chasseur du futur fait partie des films possédant une certaine réputation dans le monde du nanar. Alors que la Guerre des étoiles est au sommet de sa gloire, l’idée d’en faire un ersatz n’est pas très original. Ce qui l’est plus cependant, c’est de mélanger ça avec une sorte de Rahan. Et c’est donc comme ça qu’on se retrouve avec Yor le chasseur du futur. Séparé en deux parties, l’une se passant à la préhistoire où Yor va choper toutes les femmes qu’il rencontre car il ne peut résister au cri d’une femme en détresse, et l’autre se passant dans l’espace dans le futur.

Si la partie préhistorique extrêmement virile et misogyne propose des choses sympathiques du style affrontement improbable entre hommes et dinosaures , c’est celle dans l’espace qui reste la plus mythique. On y retrouve des androïdes dont le casque est directement inspiré de Dark Vador, un gros méchant aux pouvoirs bien badass, des figures sur des trapèzes et les origines de Yor, sauveur de l’humanité. Yor le chasseur du futur n’a pas usurpé son titre de nanar et possède même sa propre chanson. Yor’s World, He’s the man, he’s the man !

Les Hommes d’une autre planète

Réalisé par Cheng Hun Ming (Taiwan,1976) Date de sortie inconnue

Synopsis: Un jeune garçon tombe sur une statue thaïlandaise dans une grotte. A l’intérieur de cette grotte, se trouve également une pierre aux pouvoirs magiques que convoitent les martiens afin de créer un rayon de la mort pour détruire la Terre.

Après deux films italiens, il est temps de faire place au cinéma taïwanais pour terminer cette nuit excentrique. Les Hommes d’une autre planète nous met face à une invasion extraterrestre. On suit les aventures d’un couple de scientifiques-astronautes découvrant une statue thaïlandaise radioactive qu’ils promènent dans leurs combinaisons sans en avoir quelque chose à faire des autres personnes. Ils découvrent alors que des Martiens menacent la Terre et le seul moyen de les vaincre se trouve être cette statue du temple.

Si la première partie est assez classique, et possède de nombreux moments drôles, c’est la deuxième partie qui est la marque de fabrique de ce film. En effet, on va se retrouver pendant près de 35 minutes à voir l’affrontement entre la Statue du temple et le robot astronaute américain face aux Martiens. 35 minutes de combat de monstres en caoutchouc qui vont dans un premier temps s’affronter entre alliés, puis enfin découvrir qu’ils sont ensemble et vont devoir se battre contre deux kaijus pour enfin finir avec une bataille face aux deux chefs martiens ressemblant à des méchants de Sentai rasta. Le combat est absolument interminable et va mettre les nerfs de n’importe quelle personne à rude épreuve. De quoi finir en beauté cette deuxième nuit excentrique.

 

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