Divergente 3 : Au-delà du mur, un film de Robert Schwentke : Critique

Après un premier film qui mettait poussivement en scène une société dystopique dont nous cherchons encore la logique et un deuxième qui nous expliquait que tout cela n’était qu’une vaste blague métaphysique, la saga Divergente revient pour nous emmener au-delà du mur.

Synopsis: Suite des aventures de Triss et ses compagnons. Après la chute de Jeannine et du régime des factions, la population de Chicago découvre qu’un autre monde s’étend au delà du mur d’enceinte. Mais quand certains veulent connaitre la vérité, d’autres craignent de nouvelles menaces…

Le début de la fin de l’éternel recommencement 

Fébriles après la révélation finale de l’épisode précédent, nous retrouvons donc Triss, Quatre, le frère de Triss, Miles Teller et Zoé Kravitz prêts a tout pour échapper à la nouvelle dictature de Naomie Watts (au bout d’un moment on fait l’impasse sur les noms), il découvrent alors un monde ravagé (comme c’est original) et sont récupérés et embauchés par le « bureau », des scientifiques dirigés par un certain David (Jeff Daniels) qui leur promet qu’ensemble ils sauveront le monde. Vaste programme. Déjà que l’univers imaginé par la romancière Veronica Roth ne semblait pas avoir trop de sens dans les deux premiers films, ce troisième opus repousse les limites du n’importe nawak.

Le scénario est cousu de fil blanc, les mêmes fils qui composent les intrigues des Labyrinthes et autre 5ème vague. A force de monter des sagas sur le même postulat que le monde est dirigé par des organismes surpuissants qui mentent à la population, il y a forcément un moment où ça ne marche plus. Ainsi, on trouvera presque insultante la démarche de nous faire croire que les nouveaux personnages œuvrent pour le bien commun avant de mettre à mal nos certitudes avec un twist attendu. Certes des films qui racontent tous plus ou moins la même histoire, c’est assez habituel. En revanche qu’une saga nous resserve la même architecture d’un film à l’autre quand elle se vante d’avoir une continuité, c’est plutôt énervant. Donc comme d’habitude Triss et ses amis fuient une faction totalitaire, en rejoignent une autre qui explique (dès fois qu’on ait pas compris) que Triss est spéciale, découvrent que celle-ci est aussi totalitaire que la précédente et décident de s’enfuir. L’un d’eux se fait enlever par les méchants, au même moment ils découvrent que ceux-ci veulent laver le cerveau de tout le monde. S’ensuit une bataille finale où les plans sont contrecarrés avant une annonce de ce qu’il va se passer dans le prochain épisode. Et histoire d’en remettre une couche, Miles Teller se joint à eux, les trahit, puis revient avec eux, puis les re-trahit etc.

En parallèle, l’univers se développe avec plein de nouveaux trucs trop high-tech pour que le public comprenne bien qu’il est devant un film de science-fiction. Des aéronefs trop cool, un mur de camouflage optique géant, des bâtiments argentés aux formes arrondies (parce que le carré c’est pas trop S-F m’voyez), des systèmes de surveillances holographiques ressemblant à des simulateurs de vol et surtout des petits drones capables d’augmenter le champs de vision des protagonistes tout en leur prodiguant des boucliers résistant à tout. En quoi cela sert-il le propos du film ? Disons que, à la manière des simulations qui n’en finissaient pas de se superposer dans le précédent film, toute cette diarrhée de gadgets semble n’avoir pour but que de détourner l’attention du spectateur avant qu’il ne se rende compte qu’il regarde une bouse. On appréciera alors une séquence de décontamination à base de gel orange particulièrement creepy, des boucliers holographiques tous verts, et tout un tas d’autres trucs qui auraient eu l’air super futuristes dans les années 80. Quant aux « ajouts » apportés à l’histoire, parce qu’en forçant un peu on arrivera bien à trouver un sens à tout ça, on découvre avec plus de plaisir encore que les scénaristes (ou la romancière, au choix) ne se sont vraiment pas foulés. Entre l’explication du génome humain décrypté directement piquée sur Bienvenue à Gattaca et Jeff Daniels qui nous fait une crise de démiurge à la Truman Show dans le dernier quart d’heure, on se dit qu’Andrew Niccol doit être content de se voir pillé ainsi dans de gros succès teen S-F , alors que ses derniers films se sont ramassés au box office.

Plus qu’un épisode avant la fin. En attendant, Divergente confirme dans ce troisième film qu’elle est probablement ce que Hollywood a produit de pire en terme de saga post-apo adolescente. Bouffant sans aucune gêne à tous les râteliers, reprenant ici et là des éléments de gros succès pour les recycler sans faire l’effort de les comprendre (un plan à la Borderland qui n’a rien à faire là…). Une saga lisse, sans aspérité ni génie, se contentant d’une vague mise en contexte moralisatrice (le conformisme c’est pas bien), avant d’ouvrir grand les vannes du n’importe quoi. Ça n’avait pas de sens au début, ça n’en a toujours pas, et ce jusqu’à la dernière image qui pose la question suivante : Si votre climatiseur ou votre machine à laver sautent, si votre régime totalitaire part en miette, avant d’appeler une divergente ouvrez tous les placards et regardez sous les lits. Parce qu’on ne sait jamais. Il se pourrait qu’il y ait un Jeff Daniels derrière vous !

https://www.youtube.com/watch?v=e2y5YVtL81s

Fiche technique : Divergente 3: Au-delà du mur

Titre original: The Divergent Series: Allegiant
Réalisation: Robert Schwentke
Scénario: Noah Oppenheim, Adam Cooper, Bill Collage, Stephen Chbosky
Acteurs principaux: Shailene Woodley, Theo James, Miles Teller, Zoë Kravitz, Naomi Watts
Musique: Joseph Trapanese
Photographie: Florian Ballhause
Direction artistique: Scott Dougan
Costumes: Marlene Stewart
Sociétés de production Lionsgate, Summit Entertainment
Pays d’origine: États-Unis
Genre: science-fiction
Sortie: 9 Mars 2016

 

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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