Divergente 2 : L’insurrection, un film de Robert Schwentke : Critique

Convergence

Êtes-vous un vrai cinéphile ? Si c’est le cas vous n’êtes pas seulement quelqu’un qui aime le cinéma, non, ce serait trop facile. Vous aimez voir des films, mais surtout vous savez faire la différence entre un navet et un chef d’œuvre. Vous êtes capable reconnaître le talent d’un réalisateur à la manière dont celui-ci met en relation les images et les sons afin de faire naître chez le spectateur l’émotion ou la réflexion adéquate. Vous aimez être surpris, découvrir de nouvelles choses, mais aussi de temps en temps vous appréciez un blockbuster, un film à grand spectacle, avec de l’action et un peu de romance, car parfois ce n’est pas si désagréable. Ce n’est pas un chef d’œuvre, vous en êtes conscient et vous saurez trouver les arguments adéquats pour vous le prouver. Vos amis vous demande régulièrement des conseils, ou ce que vous avez pensé des dernières sorties en salle, et vous vous faites une joie de leur répondre. L’éclectisme est votre atout principal et vous essayez toujours d’en voir plus, afin d’affiner votre sens critique. Si cette description vous correspond, vous êtes un vrai cinéphile, ouvert et cultivé…et vous êtes victime de « l’effet Barnum ». Rien de grave, ça arrive à tout le monde. Il s’agit juste de la propension que possède une personne à accepter une description vague comme s’appliquant à elle-même en particulier. Ce qui vient d’être décrit pourrait finalement s’appliquer à n’importe qui, mais on aime se rassurer en se disant que l’on est particulier, que l’on sort de la masse, et surtout on aime que l’on nous le dise. C’est sur ce principe que fonctionne la publicité, les horoscopes et bien sur une bonne partie du cinéma contemporain, avec des personnages auxquels ont peut facilement s’identifier, car ils ne sont pas si différents de nous. Le problème avec la saga Divergente, c’est que rarement ce procédé, qui demande tout de même une certaine subtilité dans la rhétorique, n’avait semblé aussi évident.

Petit rappel des faits : dans le premier épisode on découvrait le personnage de Beatrice/Triss, vivant dans un monde post-apocalyptique divisé en 5 factions remplissant chacun une fonction précise (agriculture, justice, combat, gestion et science). Mais au moment de choisir son orientation, notre héroïne découvre avec stupeur que le test psychologique la désigne comme un divergente. Diantre…mais qu’est-ce donc ? Comme on nous l’explique, c’est une personne qui ne rentre dans aucune des cases susmentionnées, possédant des atouts de chacune des castes. Elle serait donc en danger car les dirigeants n’aiment pas vraiment ça, quand on ne rentre pas dans les cases. Et tout le film ne dépassait jamais vraiment ce postulat de base, se gardant bien d’expliquer ce qu’était véritablement une « divergence ». Une description vague qui rendrait possible l’identification au personnage, non pas en la présentant comme quelqu’un de supérieur à la moyenne, mais au contraire en diminuant les capacités de tout ceux qui l’entourent. Ce n’est pas elle qui détonne, ce sont les autres qui sont nuls, car obligés de se contenter de tâches prédéfinies par un test (assez mystérieux aussi). Ce monde qui tournerait autour de sa personne que l’on aime bien fantasmer occasionnellement, Divergente l’a créé. On devrait nous présenter une société qui se désintègre car trop formatée, mais tout tourne autour de Triss et sa « particularité », cette ado qui se rebelle contre le monde et le fera plier. On s’identifie au personnage et on voit défiler 2h de film qui nous répète comme un mantra que nous, spectateurs assis au milieux d’une masse grouillante, sommes particuliers, car nous non plus nous n’entrons pas dans des cases prédéfinies par des salauds de législateurs ! Le film ne développait pas véritablement le concept, se contentant ensuite de dérouler une intrigue de teen movie classique assez prude, à laquelle on appliquait un décor post-apocalyptique, quelques scènes d’action et de violences adolescentes pour coller à la tendance du moment.

La suite est a peu près dans le même ordre d’idée, continuant d’essayer de rendre crédible un univers qui n’a aucune logique interne. Pourquoi une technologie aussi développée et toujours ces décors crasseux et ces ruines à perte de vue ? Et comment la méchante peut-elle persuader tout le monde que le système de faction doit rester en place, tandis qu’elle est elle-même en train de le détruire ? Et à quoi sert la faction des audacieux si chaque faction semble avoir sa propre force de défense ? Beaucoup de questions qui mettent à mal la crédibilité de l’ensemble, mais qui ne semblent pas intéresser les scénaristes. Non, ce qu’il faut c’est que le public s’identifie à tout prix à leur héroïne. On verra donc Shaylene Woodley dans tous les plans du film : elle court, marche, saute, pleure, fait des rêves bizarres avec Naomie Watts…bien, c’est un être humain parfaitement fonctionnel, on peu donc s’identifier à elle. Pas besoin de développer sa psychologie et la rendre véritablement exceptionnelle, les autres personnages s’en chargent, répétant à qui veut l’entendre qu’elle est une divergente, donc spéciale…vous suivez ? D’ailleurs, elle ne fait pas grand chose dans le film, ce sont toujours les autres qui la tirent d’un mauvais pas (notamment le beau et musclé « Quatre »), mais bon, on nous dit qu’elle est importante donc soit (d’ailleurs les autres personnages sont extrêmement peu développés)… Pour continuer sur cette lancée, on remarquera que les adjectifs utilisés par les personnages sont toujours assez génériques, par exemple elle est décrite comme « mortelle »…mais encore ? Serait-il possible de préciser le propos au lieu de s’arrêter à cette affirmation gratuite ? Manifestement non.

Au-delà de ce postulat de base (la divergence), le reste du film ne raconte pas grands chose et utilise à outrance les effets numériques pour faire du remplissage. Le réalisateur semblant se rendre compte que ce qu’il proposait comme un teen movie d’action en manquait finalement cruellement, il décide donc de faire tout péter pendant les séquences de rêve ou de simulation. C’est un peu comme si Freud se retrouvait adapté au cinéma, revu et corrigé par Michael Bay et John Woo. Une maison en flamme s’envole, le décor explose sous les pas de Triss…ce n’est pas très beau à voir, assez abrutissant et surtout inutile dans l’intrigue. Tout ces effets de manche ne sont présent que pour détourner notre attention de la vacuité du scénario avant de nous surprendre par un twist final décevant, car en plus d’en remettre une couche sur cette histoire de divergence qui rend les gens spéciaux, il reprend quasiment à la réplique près celui du Labyrinthe (sorti quelques mois avant). Une fois de plus, Divergente est le dernier arrivé, celui qui ne semble que copier ses prédécesseurs pour ramasser les derniers morceaux d’une audience déjà acquise au genre, réussissant l’exploit de se faire griller la priorité par un nouveau-né. C’est tellement gros, que ça devient pathétique.

Synopsis: Alors que le désir de révolution commence à se faire sentir dans toutes les factions Tris, Quatre, Caleb, Peter et Marcus se réfugient chez les Fraternels. Ils devront chercher des alliés pour cette prochaine mission. Après avoir trouvé « la boîte », Jeanine est persuadée qu’elle contient des informations contre les Divergents. Mais il lui faut un Divergent compatible avec toutes les factions pour l’ouvrir. Les Érudits vont alors traquer tous les Divergents pour trouver celui qui correspondra . Entre amour, amitié, choix, haine et trahison Tris devra faire face à plusieurs épreuves toutes plus dures les unes que les autres.

Divergente 2 : l’insurrection – Bande Annonce

Fiche Technique : Divergente 2 : L’Insurrection

Titre québécois : La Série Divergence : Insurgés
Titre original : Insurgent
Réalisation : Robert Schwentke
Scénario : Brian Duffield et Akiva Goldsman, d’après Divergente 2 de Veronica Roth
Direction artistique : Alec Hammond
Décors : Alan Hook
Photographie : Florian Ballhaus
Production : Lucy Fisher, Pouya Shahbazian et Douglas Wick
Musique : Joseph Trapanese
Sociétés de production : Red Wagon Entertainment
Summit Entertainment
Sociétés de distribution : Summit Entertainment, SND
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur – 2,35:1 – son Dolby numérique
Genre : science-Fiction
Durée : 119 minutes
Dates de sortie1 :
Belgique, France : 18 mars 2015
États-Unis, Canada : 20 mars 2015

 

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Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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