Z Nation, saison 1 – Critique de la série

Z Nation est une production The Asylum pour SyFy. En général, quand on cite The Asylum, on en a déjà dit beaucoup. Au mieux, les adeptes de films de séries Z se lèchent les babines à l’idée de voir un navet assumé, bien souvent une reprise d’un succès en salles, ce qu’on appelle des Mockbusters.

Synopsis : Le monde est ravagé par un virus qui change les populations en zombies. Un groupe de survivant va tenter de mener à bon port un repris de justice qui a été vacciné contre la maladie.

The Asylum

En exemple récent, il y a Atlantic Rim, reprise assumée de Pacific Rim. Parfois, The Asylum produit des histoires originales aux scénarios écrits sous cocaïne. Quelques titres parlent d’eux-mêmes : Mega Shark Versus Giant Octopus, Sharknado, etc…Oui, souvent des grosses bêtes (très grosses même : requins, crocodiles, etc…) avec au passage, plusieurs têtes.

Trop tard !

Voilà planté le décor dans lequel s’installe Z Nation, qu’on pourrait rapprocher de The Walking Dead, s’il s’avère que Z Nation est bien une copie assumée d’une autre série. Mais même avec ça, cette série n’a pas le côté parodique qu’ont certains films produits par The Asylum. Elle arrive trop tard également, alors que la déferlante cinématographique et télévisuelle des zombies, vampires et créatures de l’obscur en tout genre, semble sur le point d’atteindre le creux de la vague. Sans compter que côté séries, The Walking Dead a déjà relégué la concurrence loin derrière et Z Nation, qui semble vouloir singer son aînée, se trompe de cible en restant trop neutre, comme tétanisée par l’enjeu : exister à côté d’une des meilleures séries récentes.

L’art de ne pas choisir

En effet, la série n’a pas fait de choix qui lui permette de se démarquer et ainsi marquer les esprits. Quand on arrive en retard, il faut se trouver une excuse et ne pas faire comme si on était à l’heure. Le premier créneau aurait été de se hisser au niveau et ainsi espérer tirer le chaland des fans du genre, se hisser aurait ici voulu dire aller plus loin dans l’horreur (beaucoup trop aseptisée) et surtout avoir un rythme plus soutenu et qui évite les redites. Le second choix aurait été de pousser à fond le côté série Z pour, au minimum, faire marrer les fans du genre. The Asylum a choisi de ne pas choisir.

Dans la moyenne

Sauf qu’au final, on garde un gout neutre en bouche, l’impression d’avoir vu une série ni vraiment bonne, ni vraiment mauvaise. Tout semble être coincé dans la moyenne, qu’il s’agisse de la réalisation, de la musique, des acteurs, rien ne dépasse vraiment du rang, en bon ou en mauvais. Deux acteurs font quand même exception : Keith Allan (Mad Men, Enterprise) parfois terrifiant en homme immunisé, il a un côté cabot qui fait toujours plaisir. Puis surtout DJ Qualls (Mad Men, Buffy, Charmed), en Big Brother venu du froid, cet acteur est une pile électrique, un gringalet qui ne s’en laisse pas compter et semble capable de sauver le monde. Le reste du casting… fait le job.

Recyclage

Tout ça ne rattrape pas le manque de rythme, que n’ont pas vu venir les scénaristes. Dans ce genre de série on monte en puissance, on place des enjeux qui vont happer le spectateur et surtout, on s’essaie à l’originalité. Malheureusement, Z Nation reprend des ficelles déjà usées : l’homme immunisé (déjà vu dans The Last Ship), le mari à retrouver, les différents jeux amoureux, les caractères des personnages sont balisés et les minorités visibles atteignent leurs quotas. Alors c’est vrai, tout ça est presque un passage obligé pour une série et dans ce cas, il aurait fallu trouver un traitement différent mais que voulez-vous…The Asylum.

Z Baby

Au final, il y a bien un moment dans cette première saison qui nous fait retrouver l’âme de cette boite de production chère au cœur de beaucoup de cinéphiles (sans ironie), un moment où la peur le dispute au rire, un moment de grâce qui confirme qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise : un bébé zombie à mi-chemin entre l’hilarant et le terrifiant bref, tout ce qui fait que l’horreur peut avoir du charme, un bébé zombie du plus bel effet, coincé dans son maxi cosy et crachant (déjà…) sa haine des grandes personnes. Mais nous ce qu’on aurait voulu, c’est que les personnages crachent un peu plus fort leur haine des zombies.

Z Nation : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=7ZFIS2AqAz8

Z Nation : Fiche Technique

Titre original : Z nation
Création : Karl Schaefer
Réalisation : John Hyams (épisode pilote)
Photographie : Nik rabbak
Musique : Eric Nauphel
Casting : Verdino Malaga
Producteur : Mark Mook
Production: The Asylum
Diffusion : SyFy
Pays d’origine : Etats-Unis
Lieu de tournage : Spokane (Washington)
Langue originale : Anglais
Format : 43’
Genre : Action, Drame, Horreur

Auteur : Freddy M.

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.