American Crime Story saison 1, une série de Ryan Murphy : Critique

Après cinq saisons réussies, American Horror Story nous offre son spin-off American Crime Story : The people vs O.J. Simpson, toujours diffusé sur FX depuis le 2 février 2016, et qui s’est achevé le 5 avril 2016.

Synopsis : Dans une villa luxueuse du quartier de Brentwood à Los Angeles, Nicole Brown Simpson et son ami Ron Goldman sont retrouvés assassinés la nuit du 12 juin 1994. Les indices retrouvés sur la scène du crime laissent penser que le meurtrier serait son ex-mari, le célèbre sportif Orenthal James Simpson. Une longue enquête déterminera si il est coupable, mais concernera surtout le respect des droits du peuple afro-américain aux États-Unis…

O.J. Simpson ou le procès du siècle.

Le principe est le même que pour la série mère : une anthologie qui reprend plus ou moins le même casting, mais qui interprètera de nouveaux personnages dans un univers différent chaque année.
Ryan Murphy (à qui l’on doit les célèbres séries Nip / Tuck, Glee, et American Horror Story) propose cette fois de se concentrer sur un crime, une affaire judiciaire qui sera le procès ultra médiatisé de O.J. Simpson, accusé d’avoir tué sa femme et son amant.
On peut imaginer les intentions de son réalisateur qui seront de renouveler tous les ans le genre en racontant l’histoire d’un meurtre réaliste, sous différents aspects.
En effet, la première saison aborde toutes les tournures du procès de Simpson, alors que la saison deux devrait se consacrer normalement à l’ouragan Katrina et ses conséquences.

Cette première saison, pleinement inspirée du livre de Jeffrey Toobin, The run of his life : The People vs O.J. Simpson, a parfaitement ré-adapté l’événement sous forme sérielle, de manière intelligente sans exagération et sans porter de jugement. C’est d’ailleurs là toute la force de cette histoire bien écrite car on traite du procès sous tous les angles sans prendre un parti particulier, que ce soit sous le regard de la défense, des procureurs, de l’accusé, ou même du jury. Nous développons ainsi, à travers un ou deux épisodes, les travaux de chaque personne concernée dans cette affaire, permettant aux spectateurs de mieux comprendre le déroulement du procès.

Murphy a fait les choses en grand pour cette nouvelle série en nous proposant un casting quatre étoiles. La talentueuse Sarah Paulson (connue pour avoir joué dans presque toutes les saisons de American Horror Story) interprète la procureure Marcia Clark, l’oscarisé Cuba Gooding Jr. reprend les traits de O.J. Simpson, et sa « Dream Team » est composée de David Schwimmer (Friends), John Travolta, et Courtney B. Vance, qui jouent respectivement Robert Kardashian, Robert Shapiro et Johnnie Cochran.
On retiendra essentiellement Sarah Paulson et Courtney B. Vance qui font le show tout le long de cette affaire.
Ils donnent tout, et nous offrent une magnifique interprétation qui prouve qu’ils sont les héros de ce procès et de cette première saison car on vit avec eux, on est témoin de leur combat, de leurs convictions en ce qui concerne O.J. Simpson. Nous ressentons également leur état d’esprit, leur force mais aussi leur épuisement sur ce cas qui a pris tout leur temps, on suit aussi leur intimité comme on ne pouvait pas forcément la représenter ou se l’imaginer à l’époque surtout pour le personnage de Marcia Clark qui a beaucoup souffert à cause de la presse et des médias s’en prenant constamment à elle.

La réussite de cette série se place aussi en son authenticité et cet effet de réalisme en reprenant des images d’archives d’époque qui servent à nous marquer, nous impliquer quand on regarde ces scènes de manifestations dans les rues, filmées par les journalistes ou des amateurs.
On peut voir ainsi un effet quasi documentaire qui présente et retrace un point important de l’histoire américaine avec la chute du personnage médiatique de O.J. Simpson.
Cette affaire a obsédé la population et rend la série tout aussi prenante qu’elle devait l’être dans les années 90 car elle mélange tous les codes propres de l’Amérique sur fond de drama : de la violence, du sexe, la race, le sport (combiné par le personnage de O.J.) avec comme seul témoin du crime le chien de la victime, la vérité est donc extrêmement difficile et délicate à obtenir.

De plus, une construction en 10 épisodes au lieu de 13 est une bonne idée. Cela permet une narration soutenue, développant de manière égale les différents personnages et de traiter du sujet à bonne allure, surtout avec les 3 premiers épisodes introduisant la découverte des corps, la suspicion autour d’O.J. mais aussi la maladresse de ce dernier qui décide de partir sans laisser de traces entrainant une course poursuite avec la police, diffusée en direct sur tous les écrans jusqu’à son arrestation et son jugement.
Finalement, cette série permet de remettre en perspective une affaire qui a eu lieu il y a plus de 20 ans aux jeunes générations qui ne sont pas forcément au courant de ce drame qui fut considéré comme le procès du siècle.

Enfin, par rapport au contexte, avec les premières minutes du pilote (qui montre une succession d’images d’archives), nous constatons que cette première saison traitera du déroulement du procès très médiatisé et de ce qu’il se passait en coulisse, mais pas seulement. Cela va bien plus loin en dénonçant les luttes raciales, car l’affaire en elle-même porte un regard sur le racisme dans le choix du jury, de certains avocats pour tenter de libérer ou, au contraire, emprisonner Simpson.
L’arrestation fait d’ailleurs directement écho à un autre événement marquant : les émeutes de 1991 à Los Angeles en réponse à la violence injustifiée de policiers qui ont frappé et brutalisé un membre innocent et non armé de la communauté afro-américaine, Rodney King.
Nous avons donc un rappel de cette lutte contre la discrimination dans ce procès avec le personnage de Mark Fuhrman (interprété par Steven Pasquale), policier raciste qui a contaminé la scène de crime avec des éléments incriminants dans l’espoir de renforcer l’incarcération d’O.J. Simpson.
Par conséquent, l’écriture et la réalisation permettent aux spectateurs de s’impliquer autant que les Américains des années 90 qui regardaient et suivaient toute l’affaire que ce soit dans les journaux, ou en direct à la télévision et sur de multiples écrans.

Ce spin-off, qui reprend la forme d’anthologie, a démarré sur une première saison qui s’approche de la perfection tant dans l’écriture, la mise en scène, que dans l’interprétation des acteurs. Ryan Murphy fait une proposition avec une série qui pourrait se montrer militante, mais son ingéniosité apporte beaucoup plus de nuances, le but étant surtout de représenter un pan de l’histoire américaine, et de montrer la véracité des faits sur ce procès, les conséquences que cela a engendré pour les citoyens américains, et les nouvelles façons de diffuser l’information qui a pris beaucoup de place dans le média audiovisuel.

Le pilote a rassemblé 5,11 millions de téléspectateurs, et la saison s’est achevée avec 3,268 millions de téléspectateurs.

American Crime Story : Bande Annonce

American Crime Story : Fiche Technique

Créateurs : Scott Alexander, Larry Karaszewski, Ryan Murphy
Acteurs principaux : Cuba Gooding Jr. (O.J. Simpson), Sarah Paulson (Marcia Clark), David Schwimmer (Robert Kardashian), Courtney B. Vance (Johnnie Cochran), John Travolta (Robert Shapiro), Sterlking K. Brown (Christopher Darden)
Producteurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk, Nina Jacobson, Brad Simpson, Scott Alexander, Larry Karaszewski, Dante Di Loreto
Société de production : 20th Century Fox Television, Ryan Murphy Productions, Brad Falchuk Teley-Vision
Format : 10 épisodes de 42 minutes à 1h
Genre : Drame, Biographie
USA – 2016

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Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

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