Cendrillon : Musique, Bande Originale

Cendrillon Musique – Extrait de la bande son

Dans l’Ombre Des Plus Grands

Ce pourrait être la musique du bal de promo des princesse Disney, tant l’oeuvre de Patrick Doyle (compositeur attitré de Kenneth Brannagh) a parfaitement assimilé l’univers de la marque aux grandes oreilles. Tout y est, et le titre La Valse Champagne résume à lui seul le rêve de petite fille dans lequel nous plonge le compositeur : des paillettes à la tonne, du strass par pelletée et de la robe de bal exubérante. Par contre, que ceux qui rêvent de surprise passent leur chemin, car tout ici est calibré, balisé et sans fausse note aucune. Tellement que pour peu qu’on connaisse le conte, on le verra défiler devant ses yeux au gré des différents éléments qui composent la partition.

Cependant quelque chose cloche, un étrange sentiment de « déjà entendu » qui s’impose un peu plus à chaque morceau. Bien sûr le fait que cette bande originale sonne exclusivement comme une symphonie classique n’y est pas étranger. Non, pour tout auditeur un rien mélomane, la ressemblance avec certaines compositions de Piotr Illitch Tchaïkovski et Jacques Offenbach dérange au début, devient flagrante par la suite. Alors c’est vrai, les compositeurs russe et français restent très réputés pour leurs incroyables ballets et opérettes inspirés des contes et légendes les plus célèbres. Mais par moment, la musique de Patrick Doyle semble vouloir franchir la frontière qui sépare l’inspiration du plagiat mais après tout, de la musique de Tchaïkovsky et d’Offenbach sur un film Disney adaptant un célèbre conte, n’était pas une si mauvaise idée. La seule vraie mauvaise idée a été de reprendre certaines des chansons du dessin animé originel. Non seulement c’est inutile, mais on comprend une nouvelle fois qu’Helena Bonham Carter (qui avait déjà chanté dans Sweeney Todd) reste bien meilleure actrice que chanteuse.

Durée : 85’

Distributeur : Walt Disney Records

Sortie : 10 mars 2015

 Cinderella 2015 soundtrack

Tracklist Cendrillon :

1. A Golden Childhood

2. The Great Secret

3. A New Family

4. Life And Laughter

5. The First Branch

6. Nice And Airy

7. Orphaned

8. The Stag

9. Rich Beyond Reason

10. Faity Godmother

11. Pumpkins And Mice

12. You Shall Go

13. Valse Royale

14. Who Is She

15. La Valse De l’Amour

16. La Valse Champagne

17. La Polka Militaire

18. La Polka De Paris

19. A Secret Garden

20. La Polka De Minuit

21. Chosse That One

22. Pumpkin Pursuit

23. The Slipper

24. Shattered Dreams

25. Searching The Kingdom

26. Ella And Kit

27. Courage And Kindness

28. Stron par Sonna Rele

29. A Dream Is A Wich Your Heart Makes par Lily James

30. Bibbidi-Bobbidi-Boo (The Magic Song) par Helena Bonham Carter

31. A Dream Is A Wich Your Heart Makes (Instrumental)

32. Bibbidi-Bobbidi-Boo (The Magic Song) (Instrumental)

Auteur : Freddy M.

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

La Bataille de Gaulle : pourquoi Antonin Baudry a confié son diptyque à deux compositeurs opposés

En confiant les deux volets de La Bataille de Gaulle à Volker Bertelmann puis à Théo Cascio, Antonin Baudry fait de son diptyque un objet musical rare, dont la rupture sonore éclaire aussi la réception critique.

La Baleine et le musicien, L’Illusion de Yakushima, Backrooms : trois compositeurs face à un destinataire qu’on n’attendait pas

Rone seul sur un catamaran au large de La Réunion, à attendre plusieurs jours avant de jouer ses premières notes pour une baleine à bosse. Koki Nakano qui compose ses 27 minutes de musique pour les deux heures de film de Naomi Kawase sur le don d'organe pédiatrique au Japon. Kane Parsons, vingt ans, qui co-compose la bande originale du plus gros succès de l'histoire d'A24, pour des espaces 3D vides hérités d'un mythe internet. Trois films sortis cette semaine, trois compositeurs face à un même geste : continuer à composer quand la garantie du destinataire est partie.

John Williams, David Holmes, Dupieux : trois musiques de films qui brouillent les pistes

Avec Disclosure Day, The Christophers et Le Vertige, John Williams, David Holmes et Franck Lascombes signent trois partitions où la musique ne dit plus seulement le film : elle déplace la question de l’auteur, de la signature et de l’identité sonore.