Captain America : Le Soldat de l’Hiver : Critique du film

Captain America, le soldat de l’hiver : un blockbuster plus sérieux, plus sombre…

Marvel entame la phase 2 de son plan qui se terminera en 2015 avec la sortie de The Avengers 2 et Age of Ultron. Cette phase du plan Marvel continue cette année avec la sortie de Captain America : Le Soldat de l’hiver et prochainement Les gardiens de la galaxie l’un des films les plus attendus, après Iron Man 3 de Shane Black et Thor : Le Monde des ténèbres.

Captain America : Le Soldat de l’hiver se démarque des autres films de l’écurie Marvel, plus sombre, plus adulte et bien plus impressionnant qu’ Iron man 3 et le dernier Thor. Une histoire bien plus creusée, s’orientant vers le cinéma d’espionnage et le thriller politique avec des complots et des trahisons se tramant au sein même du S.H.I.E.L.D.

Les réalisateurs, les frères Russo (Anthony et Joe) bien que n’ayant jamais gérés de blockbusters, ses derniers sont connus pour avoir réalisés (Bienvenue à Collinwood avec George Clooney et Toi, Moi et Dupree), deux comédies hollywoodiennes et des séries comiques, notamment Arrested development et Happy Endings. Pourtant les deux frères livrent un divertissement riche en action enveloppé dans une esthétique et une ambiance vintage.

Dans ce second opus, on retrouve Chris Evans (Snowpiercer) dans la peau de notre héros à la bannière étoilée, Steeve Rogers, un personnage aux valeurs à priori désuètes, décontenancé par ce XXIème siècle, si éloigné du sien. Le focus sur un Captain qui tente de s’adapter à ce monde 2.0 est une idée intéressante, il est à noter d’ailleurs que Captain America : Le Soldat de l’hiver est un film où les personnages sont un peu plus creusés que dans l’opus précédent, conférant de l’intérêt à cette histoire bien plus proche de celle d’un James Bond avec de bonnes questions concernant les menaces pesant sur les libertés individuelles.

Une intrigue dans l’ère du temps, grâce à un scénario bien ficelé mêlant complots et enjeux sociopolitique,  avec un super-méchant  vraiment charismatique, le Soldat de l’Hiver, un personnage complexe, sombre, froid, parfait opposé du Captain America représentant en quelque sorte de la lumière.

Un divertissement pulp, une réalisation fluide portée le casting habituel, avec un Nick Fury (Samuel L. Jackson) toujours aussi badass, la scène d’action avec la voiture est épique, Black Widow (Natasha Romanov, la veuve noire) incarnée par une excellente Scarlett Johansson, que l’on verra bientôt dans Lucy un film de science fiction réalisé par Luc Besson.

Dans ce second opus, s’ajoute à la distribution un Sam Wilson plutôt bien introduit dans le rôle du Faucon (Anthony Mackie), d’autres personnages comme l’Agent 13 Emily VanCamp, l’héroine de la Série « Revenge », dans le rôle de Sharon Carter, sont aussi introduits même si son importance dans Captain America : Le Soldat de l’hiver n’est pas encore aussi majeure que dans les comics.

Mention spéciale à Robert Redford dans le rôle d’Alexander Pierce, une bonne caution pour un film ancré sous le signe des films genre complots des années 70. Quant à Chris Evans, il est bien plus à l’aise que dans le premier Captain America, l’affrontement avec le Soldat de l’hiver (Bucky Barnes / Le Soldat de l’Hiver) incarné par Sebastien Stan est réaliste, ce sont de vrais scènes de combats puissants d’une rare brutalité.

Captain America : Le Soldat de l’hiver est un film réalisé avec intelligence, nuancé, avec de vrais héros qui souffrent et se posent des questions, une profondeur à souligner dans cet univers Marvel. Un bon film avec de beaux combats au corps à corps, des scènes d’actions trépidantes, spectaculaires, des rebondissements et comme à l’accoutumé, une surprise qui se conclut par une scène post-générique qui met l’eau à la bouche…

Synopsis : Après les événements cataclysmiques de New York de The Avengers, Steve Rogers alias Captain America vit tranquillement à Washington, D.C. et essaye de s’adapter au monde moderne. Mais quand un collègue du S.H.I.E.L.D. est attaqué, Steve se retrouve impliqué dans un réseau d’intrigues qui met le monde en danger. S’associant à Black Widow, Captain America lutte pour dénoncer une conspiration grandissante, tout en repoussant des tueurs professionnels envoyés pour le faire taire. Quand l’étendue du plan maléfique est révélée, Captain America et Black Widow sollicite l’aide d’un nouvel allié, le Faucon. Cependant, ils se retrouvent bientôt face à un inattendu et redoutable ennemi – le Soldat de l’Hiver.

Fiche technique : Captain America : Le Soldat de l’hiver

Titre original Captain America : The Winter Soldier
Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo
Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely
Interprétation : Chris Evans (Steve Rogers / Captain America), Scarlett Johansson (Natasha Romanoff / La Veuve noire), Sebastian Stan (Bucky Barnes / Le Soldat de l’Hiver), Anthony Mackie (Sam Wilson / Le Faucon), Samuel L. Jackson (Nick Fury), Robert Redford (Alexander Pierce), Cobie Smulders (Maria Hill)…
Genre : Action, Aventure, Science fiction, Thriller
Sortie en salle : 26 mars 2014
Durée : 2h08
Budget : 170 000 000 $
Directeur de la photographie : Trent Opaloch
Décorateur : Leslie A. Pope
Costumes : Judianna Makovsky
Montage : Jeffrey Ford
Musique : Henry Jackman
Producteur : Kevin Feige
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company France

 

 

Festival

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Deauville 2026 : The Last Pickpocket in New York, les mains dans les poches

Comment survivent les voleurs à la tire dans notre société moderne ultra connectée, où l'argent est devenu virtuel et les téléphones des traceurs ambulants ? En partant de cette question simple, "The Last Pickpocket in New York" propose un polar urbain délicieusement rétro qui rend hommage aux classiques du genre. Porté par la performance impeccable de John Turturro, le film convainc plus par son atmosphère nostalgique que par son scénario ingénu.

Deauville 2026 : The Man I Love, la fureur de vivre

Dans "The Man I Love", Ira Sachs met en scène Rami Malek dans le rôle d'un acteur confronté à la mort. Entre répétitions, danses, chants et désirs sexuels, il compose une ode à la vie exaltant le plaisir de chaque instant. Un drame queer qui manque malheureusement de consistance et d'émotion pour pleinement s'affirmer.

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

The Dog Stars : Ridley Scott s’essaie au post-apo (en pantoufles)

Dans un monde post-pandémique, Ridley Scott livre un survival maîtrisé mais sans surprise, porté par Jacob Elordi, Josh Brolin et Margaret Qualley dans les paysages du Colorado.