Brooklyn, un film de John Crowley : Critique

Tout juste couronné du BAFTA du meilleur film britannique, le dernier film de John Crowley, Brooklyn, a fait la clôture du festival Ciné O’Clock de Villeurbanne, un certain jour de Saint-Valentin. C’est l’occasion de s’intéresser à un film de ce cinéaste dont les films n’ont pas (ou peu) été distribués en France. Le film et son actrice principale Saoirse Ronan (prononcez Sursha) sont nommés aux Oscars 2016.

Synopsis : Dans les années 50, la jeune Eilis part pour un avenir meilleur sur le nouveau continent. Elle atterrit à Brooklyn et découvre la vie new-yorkaise. Elle s’éveille peu à peu et trouve l’amour auprès d’un jeune italien, Tony. Malheureusement, elle doit retourner en Irlande. Elle va devoir choisir entre ces deux vies.

Saoirse Ronan ou la Liberté

 

Adapté d’une nouvelle de Colm Tóibín, le film ressemble à une histoire d’amour assez classique, à savoir celle d’une jeune femme qui hésite entre deux prétendants. Rien de bien nouveau à ce sujet, surtout quand les prétendants sont aussi attendrissants l’un que l’autre. D’un côté, Emory Cohen est Tony, troisième fils d’une famille italienne de cinq enfants, d’une nature plutôt insouciante. De l’autre, Domhnall Gleeson est Jim, grand irlandais sur lequel pèsent les traditions irlandaises.

Mais ce n’est pas choisir entre deux garçons qui pose problème à Eilis, non, le vrai choix, c’est celui de la terre. La structure du film est claire : après une courte introduction en Irlande, la première partie s’attache à décrire l’adaptation d’Eilis aux manières new-yorkaises ainsi que la découverte de l’amour avec l’italien qu’elle y rencontre. La seconde est l’objet d’un retour au pays irlandais, qui se veut temporaire mais que tout le monde souhaite voir se prolonger. Là où un film traditionnel de triangle amoureux aurait alterné les moments passés avec chaque garçon, pour bien faire sentir l’hésitation constante du personnage féminin, ce qui surprend ici c’est la séparation des deux moments, qui est logique puisque la distance entre les deux est de plusieurs jours voire de plusieurs semaines. On observe rapidement que l’évolution de la relation avec chacun des prétendants comporte à la fois des ressemblances et des différences notables. La famille italienne semble beaucoup plus triviale et proche que la famille irlandaise, plus distinguée, alors même que les rapports entre les couples sont filmés de la même manière, comme par exemple ces déambulations des amoureux filmées en travelling arrière. Ainsi, si la relation de Eilis avec les garçons ne change pas vraiment,  c’est plutôt le cadre qui va faire toute la différence.

A travers ces choix de terre et de vie, c’est bien évidemment l’évolution d’Eilis elle-même que nous suivons, qui est somme toute classique et sans grande surprise. La jeune Saoirse Ronan montre une fois de plus ses talents d’actrice, tout en étant parfaite pour ce rôle, dans une totale harmonie avec le sujet et son personnage. En revanche, l’émotion est dans un entre-deux, entre l’humour british assez récurrent dans la première partie (notamment les passages chez la mère Kehoe, interprétée par Julie Walters), et les larmes, qui ont tendance à couler un peu trop facilement, mais seulement dans le film.

Même si le film n’est pas une révolution, la mise en scène est tout ce qu’il y a de plus honnête, sans être plate. Brooklyn permet de passer un bon moment et de découvrir une fois de plus la qualité de jeu de Saoirse Ronan, qui mérite sa nomination aux Oscars.

Brooklyn : Bande-Annonce

Brooklyn : Fiche Technique

Réalisation : John Crowley
Scénario : Nick Hornby, d’après l’oeuvre de Colm Toibin
Interprétation : Saoirse Ronan, Emory Cohen, Domnhall Gleeson
Image : Yves Bélanger
Montage : Jake Roberts
Musique : Michael Brook
Sociétés de production : Wildgaze Films, Parallel Film Productions, Irish Film Board, Item 7
Distributeur : 20th Century Fox
Durée : 111 min.
Angleterre/Irlande/Canada – 2016

Festival

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